RUINE
D'autres la giffleront de l'œil ou de la main, La putain d'autrefois plutôt que de naguère : Cynique, elle l'est trop, c'est vrai; touchante, guère. Mais ne l'écrasons pas pourtant sur le chemin.
C'est la garde qui meurt ; et, comme le Romain Qui séchait au soleil sa casaque de guerre, Avec un air pensif, invisible au vulgaire, Elle étale en plein vent ses frusques, pour demain I
Et puis, qui nous dira les douleurs et les transes De ce paquet de chairs flasques, molles et rances ; Qui comptera jamais les larmes de ces yeux I
Faisons grâce au mollet qui va devenir flûte,
Et, pas plus qu'un cheval qui boite, étant trop vieux,
N'insultons la Putain vénérable, qui lutte!