‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 31 sur 131 · M A X I M E DU C A M P · texte numérisé non relu

M A X I M E DU C A M P

j|\J)y£u sortir du collège, zAîaxime Vu Camp, comme un libre oiseau qui prend l'essor du côté de la lumière, fit son premier voyage en Orient, S où il rapporta des impressions ineffaçables.

Voyageur, publiciste, romancier, poète, zMaxime Du Camp a donné comme prosateur (pour citer ses principaux ouvrages) Souvenirs et Paysages d'Orient (184.8), Mémoires d'un Suicidé (1853), Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie (18/4), Les Convulsions de Paris (1879), et Souvenirs littéraires (1883).

Comme critique d'art, il a publié plusieurs Salons et un Voyage en Hollande, d'un vif intérêt pittoresque.

U^Qous devons au poète deux volumes : Chants modernes (1855) et Convictions (1858). Vans les Chants modernes, la désespérance de f ancien romantisme jette çà et là sa note funèbre un peu incohérente, mais les hauts faits de la grande industrie contemporaine ont éveillé surtout le lyrisme de fauteur qui glorifie dignement les travaux herculéens des classes déshéritées. Le volume des Convictions est remarquable par un accent de sincérité et de fier e indépendance, qui relève bien f homme, un abrupt civilisé qui prétend n'appartenir à aucune classe, à aucune coterie, et qui na publié ses vers qu'à rares intervalles, au gré de sa libre fantaisie, dans sa vie errante et active à la fois.

zMaxime Vu Camp a été élu de l'cAcadémie française en î88o.

Ses œuvres ont été publiées par Hachette.

André Lemoyne.

I^O ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

ou vou^c ;

Connaissez- vous, vertes Océanides, Vous qui nagez dans les Océans bleus, Vous qui dormez, sous les grottes humides, Sur des fucus moins longs que vos cheveux;

Vous qui chantez, de vos voix indécises, Ces chœurs lointains, paisibles et charmants Qui, chaque soir, sur les ailes des brises S'en vont mourir vers les grands bois dormants ;

Connaissez-vous, reines des coquillages, Des durs coraux et des tritons squameux, Vous dont le pied foule toutes les plages, Les antres frais et les rochers brumeux;

Vous qui courez de l'équateur aux pôles, Parlant d'amour aux oiseaux voyageurs, Et qui fendez de vos blanches épaules Les flots couverts par les algues en fleurs;

Vous qui, perçant l'horizon de nos rêves, Levez au ciel vos yeux étincelants, Vous dont le souffle amène sur les grèves Les naufragés aux cheveux ruisselants;

Connaissez-vous sur la mer sans limite,

Vers le pays des désirs éperdus,

Aux régions que nul homme n'habite,

Bien loin du monde et sous des cieux perdus,

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