FELIX FRANK
EL IX Frank, né à Taris en 1837, s est fait d'abord particulièrement connaître par ses travaux d'érudition littéraire : $^$jH$L éditions critiques du Cymbalum Mundi (1873J, des Marguerites de la T{eine de t^Qavarre (1874.), de /'Heptaméron (187c), etc. Comme poète, il a publié : Chants de colère Ç1871), cri d'indignation contre le second Empire; Le Poème de la Jeunesse Ç1876J, où la note vive de ï espérance et la riche floraison des souvenirs ont inspiré à T auteur nombre de pages heureuses, entre autres Maison fermée et Le Vieux logis. Le dernier volume publié par Félix Frank, La Chanson d'amour fi88fj, qui annonce plus de maturité et une plus grande sûreté de main comme exécution, est une œuvre chaude et colorée qui semble remonter au paganisme dans sa modernité.
Les œuvres poétiques de Félix Frank se trouvent che~ zMzM. cA. Lemerre, Caïman Lévy et Charpentier.
STcAISOCHi FERMÉE
UN jour que je passais par là, J'aperçus la maison fermée La maison que j'avais aimée, Et soudain mon cœur se troubla.
2çS ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.
Mon regard de pleurs se voila; Par les sentiers bordés de lierres, Je vis des ombres familières S'enfuir, comme j'arrivais là!
Et je m'écriai : — Nous voilà Bien seuls tous deux, maison fermée!
Et pas un filet de fumée Du gai foyer ne me parla.
Que n'avais-je pas jeté là D'amour, d'espérance ingénue?
Maison muette, maison nue, Tu sais comme tout s'envola!
Tu n'as pas oublié cela :
L'oubli n'est qu'une chose humaine...
Si quelque hasard me ramène, Ah! reste comme te voilà!
Logis où mon cœur s'enivra, Ne sois pas une auberge neuve!
Laiss>moi croire, ô maison veuve, Qu'on voyage, — et qu'on reviendra!
LE T\IïNlTEm?S , C'EST TOI
Tu m'as demandé si c'est le Printemps Qui m'emplit ainsi d'une ardente sève?
Le Printemps, c'est Toi, soit qu'Avril se lève Dans la floraison des bois chuchotants, Ou bien que Décembre emporte ce rêve!