‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 100 sur 124 · PIERROT PARLE · texte numérisé non relu

PIERROT PARLE

A Antonin Thomas.

La tiède nuit me tend un front pâli d'aurore D'où tombe sur la mer l'onde d'un ciel léger, Où les vagues, moutons qui bêlent au berger, Bombent d'un dos luisant le jour qui les colore,

Pendant qu'à l'horizon passent les tourterelles De l'aube, moi je panse un cœur martyrisé Et je nimbe de la lumière d'un baiser Tout un flot de clartés entrecroisant leurs ailes.

En toi chante la voix native qui me guide

Dans une immense nef vers les tableaux du Guide,

Comme si l'humble azur devenait la cité

Où je m'endormirai quand tu m'auras quitté

Pour parfumer mon cœur de l'encens des ramures !

Plutôt, que je m'en aille à travers les murmures Musicaux respirer les astres et les fleurs Et, palpitant encor du rythme des couleurs, M'étenare sur la mer comme une immense lyre

Sans conûer aux cieux que je ne sais pas lire... I

{Il divague.)

Revenants de l'Azur, brûlure de la neige, Et la mort plus suave encor que son cortège : Galaad, Perceval, vous mes frères aînés. Quête du sang, agneaux du rêve, revenez I Place au tournoi! Les chevaliers, entrez en lice, Avec l'ardente nuit féale pour complice...

Mais des neiges d'antan les preux flocons errants Dispersent sur nos cœurs des cieux indifférents . Il nous faut maintenant des amours hors de page Et même par moments peser sur notre iraaçe, Afin que sur nos toits dans l'ombre ensevelis Nous fassions la moisson des blanches fleurs de lys.

Page 1