ARMEE
Armée aux longs décors mouvants, dont les tonnerres Commandent aux échos endormis des vallons Et qui, sous les grands cieux déployés en bannière, Lances la race aux quatre murs de l'horizon ;
Espoir du faible, amour des forts, terreur des mères, V^aste jungle où rugit le peuple des canons, O toi que la tiédeur d'un beau sang désaltère Et que la mort joncha d'héroïques moissons;
O toi qui, seule encore disposant de la force, Xourris, dans la forêt des Hommes, sous l'écorce, La sève, en préparant leurs triomphes futurs.
Je t'aime et je te hais d'une amour violente. Parce que c'est un peu de mon âme qui chante Dans tes clairons levés vers l'insensible azur.