SUR LE CHEMIN DU RETOUR
Malgré le pauvre orgueil d'une pauvre sagesse, L'on éprouve parfois Tangoisse d'un remord Comme si l'on voulait de soi plus de largesse.
Car ce n'est pas assez que d'attendre la mort Avec le calme auguste et fier d'un sage antique : On se voudrait plus beau, plus magnanime encor .
On voudrait écouter en soi, — comme un cantique, Vibrer la voix de ses ineffables vertus, Et ce serait pour l'âme un divin viatique .
On voudrait voir passer, opulemment vêtus, Des cortèges sans fin d'éclatants héroïsmes En remontant en soi par les sentiers battus.
Mais c'est bien juste si tout n'est point égoïsmes...
Henri HERTZ
Né en 1875.
œuvres : Quelques vers (190G). Les Mécréants (mystère civil en quatre actes, 1909). Les Apartés (poèmes 1912).
A collaboré depuis dix ans à toutes les revues de jeunes : Revue Blanche, La Phalange, etc.