LE MADRIGAL DES PARADIS PERDUS
Vous êtes sortie, sortie de nos doux liens . Le vent couvre la nuit au loin.
Ah ! votre âme, votre âme si bien Est-ce elle que s'arrachent ces chiens?
Vous aimez les ténébreuses promenades Dont votre cœur, petit poucet.
Retrouve les lacets
En les jonchant de vœux nomades.
Prenez garde aux chiens de garde.
Gomme les ténèbres te fardent !
Comme elles te fardent de crimes !
As-tu donc envie d'un abîme ?
Horreur d'un inconnu plaisir !
Il court tant de tristes sires .
Autrefois nous allions deux à deux
Du matin au soir.
Nous jonglions avec nos quatre-s-yeux :
Quelquefois nous les laissions choir.
Trop monotone jour de vacances quotidien Qui ne nous a menés à rien !
Maintenant, tu te promènes Dans les allées nocturnes de tes peines.
0 amie, amie que j'ai perdue,
Sois prudente.
Il rôde de faméliques Dantes Chassant les Paradis perdus !