IL DANS L'HIVER DE MORT
Je me souviens d'un soir d'hiver.
Un reste de soleil, pâle, étoufl'é de brume,
Disparaissait sous l'horizon désert.
Un engourdissement de mort était dans l'air.
Mais semant de la vie en longs sursauts qui fument,
Un train sortait d'un tunnel sous la terre.
Et la vapeur, le feu suintaient de la chaudière
Qui, sifflant, galopant, retenait sur son cuivre d'or
Les rayons qu'expirait le soleil immobile et mort.
Et c'était bien banal, certe, et pourtant ce train,
En passant, mit en moi comme un éclair divin;
Car lui seul conservait encore.
Dans cet hiver de glace et dans ce monde éteint.
Le mouvement, l'essor, l'aurore.
Et l'on eût dit que le soleil froid, déjà mort.
Cherchant la vie, était descendu dans le sein
De la machine au souffle ardent de fer et d'or.
Et cela répandait un peu de force et d'énergie, Un peu de ciel sur la terre engourdie, Un peu de rêve dans l'air mort.