‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 68 sur 124 · VI. LA VOIE EST UN RÊVE · texte numérisé non relu

VI. LA VOIE EST UN RÊVE

Si j'aime tant longer et regarder la voie,

Quand, la nuit, tout est noir dans l'air,

Ce n'est pas seulement parce que s'y déploient

Les destins humains du tonnerre.

Mais c'est parce qu'elle est, dans l'ombre qui la noie,

Un rêve, un rêve sourd, baigné de calme et de tonnerre .

Elle est un rêve magnétique,

Chargé d'élans profonds, de soudaines lumières,

De courants électriques,

Qui murmurent tout bas l'annonce du tonnerre,

Tout bas, comme Ton parle en rêve.

Elle est un rêve

Qui ruisselle des rails luisants,

Des sémaphores, du talus vert dont la sève

S'épanouit en fleurs, au souffle des grands trains vibrants.

Elle est un rêve,

Mais qui porte la foudre éclatante de l'action.

Et moi, ne suis-je pas un torrent de vibrations

Au fond d'un rêve,

Au fond d'un rêve où crie un brûlant besoin d'action?

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