MES PRINCIPES
Puisque vous croyez pouvoir accorder quelquefois à mes réflexions une place dans vos feuilles, j'ai pensé qu'un tableau simple de mes principes les
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mellrait plus à portée d'apprécier mes opinions particulières.
Je crois l'espèce humaine indéfiniment perfectible, et qu'ainsi elle doit faire vers la paix, la liberté et Tégalilé, c'est-à-dire vers le bonheur et la vertu, des progrès dont il est impossible de fixer le terme. Je crois aussi que ces progrès doivent être l'ouvrage de la raison, fortifiée par la méditation, appuyée par l'expérience.
D'après mes principes, ma philosophie doit être froide et patiente.
Je dois être beaucoup moins effrayé des bruits de conspiration que des mauvais systèmes qui peuvent • tarder plus longtemps le progrès des lumières.
le dois être plus ennemi des fausses opinions, lorsqu'elles sont nouvelles, lorsqu'elles flattent l'esprit du moment, que des vieux préjugés, dont la ruine est infaillible et qui n'épouvantent plus que par la masse de leurs débris.
Comme, suivant cette manière de voir, le droit et justice doivent être les seuls principes de toute -Jration politique, je paraîtrai tantôt porter à l'ex- - l'amour de légalité et aspirer à une perfection imérique, et tantôt je ne serai qu'un citoyen tiède [jresque protecteur des abus.
)e ne dirai pas « tout est bien », mais « tout sera
n » ; et, par là, je déplairai aux deux partis.
f.es préjugés ont reçu, depuis un an, de si violentes
'ousscs que, pour faire de grands progrès vers le
Lien, il suffit de laisser à la raison humaine, un peu
"op agitée, le temps de reprendre quelque calme.
Tous nos maux actuels disparaîtraient bientôt
vaut elle, et, alors, dans tous les partis (s'il en
le encore quelques traces), tous diront que les
sordres de la Fronde ont été bien plus cruels et
»at valu à la France que cent ans de despotisme.
[La Bouche de fer, 1790.)