‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 142 sur 171 · Î00 ANTHOLOGIE DU JOURNALISME · texte numérisé non relu

Î00 ANTHOLOGIE DU JOURNALISME

Évidemment la question fondamentale de la politique, c'est de savoir où gît la souveraineté, quel €St le souverain, qui a le droit de faire la loi.

Où réside la souveraineté? Est-ce dans tous, dans quelques-uns, ou dans chacun?

Nous avons détruit les opinions dos trois écoles qui disent : l'une, que la souveraineté est dans tous ; l'autre, que la souveraineté est dans quelques-uns; ladernière, que la souveraineté est dans chacun.

Le vrai souverain, c'est (c'est comme nous l'avons <îit) chacun par tous au moyen de la science et de l'amour.

Ma cause est gagnée contre toutes les doctrines... Le troisième système, le Socialisme ou le principe de la souveraineté du peuple entendu comme on l'entend aujourd'hui, ce n'est qu'une parodie de toutes les tyrannies qui ont pesé sur la terre : parodie de la royauté, parodie de la papauté. Sur quoi était fondée la monarchie, sinon sur ce que les rois, se disant les pasteurs du peuple ou, en d'autres temps, les pères des peuples, prétendaient iivoir le droit de sacrifier l'individu au collectivisme résumé dans leur personne ? Et sur quoi était fondée l'infaillibilité papale, sinon sur cette même supposition de la représentation de la sagesse de chacun ■et de la sagesse de tous par un seul ? La souveraineté du peuple, entendue d'une façon grossière comme certains l'entendent aujourd'hui, ne serait qu'une tyrannie d'un autre genre, laquelle, au reste, n'est j)as neuve dans le monde, et a nom démagogie.

Enfin, que le principe nu de la Souveraineté du peuple se dresse comme un fantôme, nous lui dil'ons : « Si tu prétends étrepar toi-même, et n'avoir pas d'autre cause et d'autre sanction que toi-même, aous te déclarons faux, absurde et chimérique. »

[La Revue indépendante, 1841.)

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