‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 146 sur 171 · GEORGE SAND · texte numérisé non relu

GEORGE SAND

George Sand a fait , ù plusieurs reprises, œuvre de journaliste. En 1841, elle avait pris une part importante à la Bévue indépendante de Pierre Leroux. Mais ce fut en 1848 que, dans son enthousiasme républicain, qui devait peu à peu s'atténuer, elle collabora activement à plusieurs journaux : la Vraie République, en compagnie de Thoré, Pierre Leroux, Barbes; la Commune de Paris, feuille « montagnarde «, dirigée par Sobricr ; la Cause du Peuple. Elle rédigeait aussi quelques-uns des Bulletins de la République. Dans une lettre adressée le 24 mar» 1848 à son fils Maurice Sand, elle lui écrivait : « Me voilà déjà occupée comme un homme d'Etat. J ai fait deux circulaires gouvernementales aujourd'hui, une pour le ministère de l'instruction publicpie, une pour le ministère de l'intérieur... « Et elle ajoutait, en souriant : « Ce qui m'amuse, c'est que tout cela s'adresse aux maires, et que tu vas recevoir par la voie officielle les instructions de ta mère. » Maurice Sand, en effet, venait d'être nommé maire de la commune de Nohant-Vic. Ce fut pour George Sand une période d'effervescence. Au reste, des sentiments toujours généreux. Le 28 mai, la Vraie République ayant allaqué Ledru-Rollin, elle lui disait, dans une lettre écrite ù ce sujet : « Je vous demande une chose, c'est que je dise dans ce même journal qui vous attaque, et où je garderai toujours le droit d'émettre mon avis sous ma responsabilité personnelle, ce que je sais, ce que je pense de votre caractère, de votre sentiment politique et de votre ligue révolutionnaire. » En 1849, c'est la désillusion et le découragement. « Moi qui étais si fière de la France en février! ilélas! Que sommes-nous devenus, et

quelle expiation nous réserve la justice divine avant de nous relever! » En 1852, tout en acceptant les événements accomplis, elle écrivait au prince président, si près déjà d'être l'empereur Napoléon III, pour lui demander d'amnistier les proscrits et les condamnés. Elle revenait infatigablement à la charge, avec éloquence : <( Prince, faites voir que vous avez le sens délicat de l'honneur français. .. n'exigez pas que vos ennemis deviennent indignes d'avoir été combattus par vous... Rendezles à leurs familles sans exiger qu'ils se i*epentent... de quoi? d'avoir été républicains. Yoilà tout leur crime. Faites qu'ils vous estiment et qu'ils vous aiment. C'est un gage bien plus certain pour vous que les serments arrachés par la peur. »

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