‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 27 sur 171 · MALLET DU PAN · texte numérisé non relu

MALLET DU PAN

Mallet du Pan, né en Suisse, ayant dû ses premiers succès à la protection de Voltaire, devint, après a-voir professé en Allemagne, le collaborateur de Linguet aux Annales politique s . En 1789, il rédigeait la partie politique du Mercure. Il pencha d'abord pour une monarchie libérale. Mais les événements lui firent prendre la défense delà roj-auté. La Cour le chargea de missions auprès des émigrés et des souverains étrangers. Il se réfugia à Berne, où, non sans indépendance, il fut « l'avocat consultant des monarchies menacées », chargé notamment d'une correspondance avec la Cour de Vienne. « J'ai connu les injures des partis extrêmes, » pouvait-il dire; et, de fait, il n'avait pas ménagé les émigrés plus que les jacobins. L'invasion de la Suisse par les armées françaises l'obligea à chercher un asile en Angleterre, où il publia le Mercure britannique. « Né républicain », selon son expression, il se trouva être un adversaire fougueux de la Révolution. « Ses articles, a écrit ïaine, ne sont pas des pièces littéraires; il n'a rien de l'écrivain que l'éloquence; son style est rude, heurté, parfois incorrect; il ne faut pas lui demander la tenue irréprochable de Rivaroi, la hauteur dédaigneuse et aristocratique de Joseph de Maistre. Il ne songe pas à l'avenir, à la gloire, aux grands ou aux grandes manières ; il ne pense qu'à son oeuvre... aux idées qu'il défend... Cela fait une grosse source bouillonnante, du jet le plus puissant et le plua continu. »>

Si passionné qu'il fût, Mallet du Pan eut souvent des vues justes et même prophétiques. Cependant, en février 1798, il ne croyait plus au destin de Bonaparte sur le point de partir pour l'Egypte.

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