Voici comment il annonçait ses nouvelles à la main : ce
tout autre euvergure. Bachauraont, pour malicieux qu'il fût. était un galant homme, estimé, exerçant, au moins théoriquement, une charge, n'ayant pas de besoins d'argent, cultivé, ayant fait ses preuves d'écrivain, de bon connaisseur et de spirituel observateur. Tout ce quisepassaitétaitde sondomaine. En traits légers et mordants, il donnait la formule de la chronique rapide. Nouvelles de la cour, de la ville, du théâtre, des lettres, aventures galantes, tout lui était bon, et il tenait la promesse qu'il avait faite de donner « quelques agréments » à ses informations, en y joignant souvent les couplets qui couraient Paris ou les parodies dont le temps était si friand. Bachaumont, qui, s'il n'en avait pas été l'initiateur, avait singulièrement perfectionné le genre, mourut en 1771, et vraiment la plume à la main. Son dernier a écho » était relatif au scandale de la naissance d'un enfant de la duchesse de Durfort, séparée de son mari, scandale pour lequel le
prospectus est un document de l'histoire de la Presse : « Ua ccrivaia connu entrepread de donner, deux fois chaque semaine, une feuill-* de nouvelles manuscrites. Ce ne sera point un recueil de petits faits secs et peu intéressants, comme les feuilles qui se débitent depuis quelques années. Avec les événements publics que fournit cu qu'on appelle le cours des afTaires, on se propose de rapporter toutes les aventures journalières de Paris et des capitales de l'Europe, et d'y joindre quelques réflexions sans malignité, ncnunioins saus partialité, dans le seul dessein d'instruire et de plaire, par un ri-cit où la vérité paraîtra tou- )ours avec quelques aj^réments. Un recueil suivi de ces feuilles formera proprement l'histoire do notre temps. Il sera de lintérètdo ceux qui les prendront de n'en laisser tirer de copie à personne et d'en ménager m<^me le secret, autant pour ne pas les avilir, en le» rend.mt trop communes, que pour ne pas so f.*.ir«' de querelles avec les arbitres do la librairie. A chaque ordinaire, on portera à ceux qui voudront prendre.,. » Les ltau\tlles à la main devinrent on 1762 les Mémoires secrets. Les Minmiret secrets contenaient une mine si riche d'informations »or l« \viii*si<clo qu'ils furent recueillis et imprimés dès 1788 par Chopin de Versev. Us ont cu, depuis, comme éditeurs successifs. Merle, Itavenel, Paul Lacroix, etc.