‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 4 sur 171 · Z± ANTHOLOGIE DU JOURNALISME · texte numérisé non relu

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chroniqueur était d'ailleurs assez indulgent, ne retenant que la chanson faite à cette occasion.

Les Mémoires secrets furent continues par Pidansat de -Mairobert, qui donna un tragique aliment à la chronique par un suicide accompli dans des conditions de singulière détermination, et par Moufle d'Angerville, qui devait continuer la tradition des gazetiers envoyés à la Bastille.

C'est, en même temps, la Correspondance secrète, connue sous le nom de Correspondance secrète de Metra, bien que Metra y ait été probablement étranger. C'était l'homme le mieux informé de Paris. « Que dit le bonhomme Metra? » demandait parfois Louis XVI, Il était, quant à lui, nouvelliste par dilettantisme, mais des gens avisés ne laissaient pas que de recueillir ses nouvelles et d'en tirer prolit.

Celui de tous qui fait la ligure la plus importante, c'est Griinm. Ses abonnés à lui étaient gens de conséquence : la plupart étaient des souverains*.

1. Grimm se chargea de la Correspondance littéraire en 1753 et la continua jiisquVn 1790. Eu dehors des souverains, aux libéralités desquels il s'en remoltait, expert à les provoquer, il avait pour al)onni s dos particdiiers, lui versant trois conls livres par an. C'est par eux que la correspondance se répandait dans Paris,

Sainte-Beuve fait grand cas do Grimin, appréciant particulièrement chez, lui le mérite d'exprimer diîs jugements qui lui appartiennent en propre, précéd^iut les autres. Il conte quil avait queUpics provenlioiis contre lui, d'abord, et qu'en eu cherchant la cause, il trouva qu'elle reposait uniquement sur lo témoiguage do J.-J. Itousseau dans ses Confessions. Or, co témoignage est souvent suspect. « Jean-.'acqui.s. tontes les t'ois que son amour-propre et ses airs de vanile mabide soûl en jeu, ne se gène en rien pour mentir. » — M'"» d'Epinay, avec quoique partialité, assurément, a tracé de Grimm ce portrait : « îSa ligure est agréable par un milange de naivelé et d«s liiiosse; sa phvsionomio est intéressante, sa conU-uanco négligé»! et nonchalante; sou Ame est ferme, tendre, généreuse et éluvéo; elle a préci.sémeut la dose de lierté qui fait qu'on so resport.! sans humilier personne... Eu parlant mal. personne ne se l-'.tit mieux écouler; il mo semble qu'en matière de goCit, uni n'a le

INTRODUCTIOX 25

On sait quel habile homme était ce natif de Ratisbonne, devenu très Parisien, et dont Voltaire disait : « De quoi s'avise ce Bohémien d'avoir plus d'esprit que nous? » Le cadre de cette introduction ne permet pas de parler de son rôle dans la société du xvin« siècle. Il ne s'agit ici que du journaliste. Il Tétait essentiellement; il était né surtout rédacteur en chef, ayant le flair des collaborateurs utiles, et il eut, en effet, nombre de collaborateurs, dont M°»* d'Epinay, engagée avec lui dans une liaison célèbre, Diderot, toujours bouillant d'idées, toujours prêt à témoigner son amitié , à qui il demanda «es fameux « Salons », son secrétaire Meister. La Correspondance littéraire, qu'on imprima en 1812, cinq ans après la mort de Grimm, est devenue un des documents les plus précieux de l'histoire du xvui* siècle, par l'indépendance habituelle de ses jugements. N'eùt-elle donné que les « Salons » de Diderot, qu'elle mériterait l'estime dans laquelle elle est tenue. Avec son enthousiasme coutumier, Diderot attribuait a ses conversations avec Grimm sa compétence en fait d'art : « Si j'ai quelques notions réfléchies de la peinture et de la sculpture, écrivaitil un jour à Grimm, c'est à vous que je le dois. » Quel journal, au sens moderne du mot, eût fait l'auteur de la Correspondance littéraire, avec son don de bien mettre les hommes à leur place et de deviner les talents! Attaché au duc d'Orléans, introduit dans le monde diplomatique, lié avec les encyclopédistes, habitué des salons de M">« Geoffrin et du baron d'Holbach, il était à la source de tout ce qui était sujet de préoccupations intellectuelles. On disait

Uet plu* délicAt. plus fin ni pluA HAr. Il a un tour de plaisanterie qui la* ott prtiprn et ue itied qu'a lui... Il a l'art du préseuter i »ct »m\* lus plus dures vcritcs avec autant de ménagements que dn f<ircc. 1'i.rsonnc nVst plus éclairé sur les intérêts des autres ai ae eonsalte mieux. •

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