CHATEAUBRIAND
Ce n'était que par des moyens détournés que de grandes Toix pouvaient encore essayer de se faire entendre. Aussi, dans le Mercure du 4 juillet 1807, Chateaubriand, à propos d'une étude sur le Voyage en Espagne de M. de Laborde, écrivait-il l'article fameux dont quelques passages étaient l'amère satire des moyens de gouvernement de l'empereur. En ce temps où n'existait plus aucune liberté, c'était un audacieux défi. « La foudre, dit Joubert, resta quelque temps suspendue sur la tète de Chateaubriand; à la fin, le tonnerre a grondé, le nuage a crevé; tout cela a été vif et même violent. » La rédaction du Mercure se vit imposer quatre censeurs, et Chateaubriand reçut l'ordre de s'exiler à quelques lieues de Paris.
Les colères accumulées de Chateaubriand contre l'Empire devaient éclater en 1814 dans son pamphlet Bonaparte et les Bourbons.