DE JOUY
"L'Hermiie de la chaussée d'Antin, sorte de revue de mœurs, commencée en 1812, se rattache à l'histoire du journalisme. « Tout était nouveau dans YHermite, a dit Ernest Legouvé, qui a tracé un aimable portrait du sybarite que fut Etienne de Jouy (un sybarite ayant eu tout d'abord d assez rudes aventures) : la forme, le titre, le sujet, l'auteur. Homme du monde, homme de plaisir, batailleur, causeur, il racontait sa vie de tous les jours en racontant la vie de Paris. Ce qu'on appelle le Parisianisme est parti de Y Hermite de la chaussée d'Antin, l'école de la chronique est partie de l'IIermite de la chaussée d'Antin ». L' « Hermite » ne se piquait nullement d'austérité, bien qu'il s'amusât à revêtir un froc en guise de robe de chambre ; son « hermitage » offrait l'un des salons les plus recherchés de Paris, et on y tirait des feux d'artifice d'esprit. Les fusées se sont éteintes, mais elles ont laissé une trace. C'est une époque que représente Etienne de Jouy, épicurien et voltairien.
Le libéralisme de E. de Jouy devait l'exposer, sous la Restauration, ù quelques condamnations de presse.