‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 6 sur 171 · ANTHOLOGIE DU .TOUR>'ALISME · texte numérisé non relu

ANTHOLOGIE DU .TOUR>'ALISME

midorienne fait naître une foule de feuilles antijacobines, piétinant le parti écrasé, rédigées avec la dernière violence, prodiguant les insultes aux morts. Les feuilles satiriques haineuses pullulent : l'ombre du vaincu du 9 thermidor fait encore peur. Fréron, l'ancien terroriste, qui a changé le titre de son Orateur du Peuple en celui à' Ami du Peuple, se trouve à la tête de cette réaction. Le fougueux Martainville, qui se livrera à tant de palinodies, est le bouffon enragé du parti contre-révolutionnaire. Dans V Accusateur public, Richer-Serizy attaque éperdument, avec une verve furieuse, tous les hommes de la Révolution. Des journaux royalistes apparaissent : les Nouvelles politiques, la Quotidienne, où Suard, qui a refusé asile à Condorcet, son ami, se montre brave, à présent qu'il n'y a plus de danger. Le Petit Gautier reprend sa mordante publication, imité par la Petite Poste. Le Directoire est criblé de railleries. Hoffmann, qui sera l'un des rédacteurs du Journal des Débats, fonde le Menteur, « journal par excellence » qui, en affectant de les louer, tourne en dérision les actes du gouvernement. Le Thé, de Bertin d'Antilly, apporte sa note narquoise. Les journaux-pamphlets se multiplient; le jury, d'ailleurs, acquitte les journalistes qui lui sont déférés. Les journaux républicains, le Défenseur de la Patrie, le Télégraphe, le Journal universel, le Courrier de Paris, le Rédacteur, sont submergés par le flot des feuilles d'opposition. Les opinions moyennes ont pour organes le Journal de I^aris, le Journal de Perlet (qui n'est pas encore le policier Perlet), le Journal du soir; la Décade philosophique, politique et littéraire se tient en équilibre au milieu des partis ; le Journal des Débats et Décrets se borne encore au rôle d'enregistreur des délibérations des Conseils; le Moniteur, qui a toujours été de l'opinion du Pouvoir, garde ses

habitudes; Gracchus Babeuf, dans le Tribun du Peuple (voir plus loin), expose avec véhémence ses théories sociales. Une figure singulière, entre autres, dans celte presse du Directoire : Poullier, rédacteur de VAmi des Lois, membre du Conseil des- Cinq-Cents, qui, jadis, a été successivement bénédictin, militaire, chanteur à l'Opéra.

Mais le coup d'Etat du 18 fructidor an V impose silence, par des mesures rigoureuses, à la violence des journaux, implique leurs rédacteurs dans une conspiration contre la sûreté de la République. Cesmesures ne désarment pas entièrement la presse, cependant. Malgré les scelles mis sur leurs presses, les frères Bertin, notamment, continuent, par un artifice ingénieux, à faire paraître leur journal, VEclair. Deux ans plus lard, c'est la proscription, c'est la déportation à l'ile dOléron des journalistes qui u pervertissent l'opinion »,

En dix années, par quelles phases diverses a passé la presse 1

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