‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 7 sur 171 · MIRABEAU · texte numérisé non relu

MIRABEAU

Mirabeau fut le premier député-journaliste. Bien que, dans sa vie si agitée, il soit impossible d'isoler, en quelque sorte, un des aspects de cette orageuse physionomie, il ne saurait être question ici que de l'action de Mirabeau dans la presse. — En 17S7, il avait proposé au ministre des affaires étrangères, M. de Montmorin, de créer un journal « qui serait une analyse fidèle, mais décente, nerveuse, mais adroite, des papiers-nouvelles anglais ». Cette feuille parut de 1787 à novembre 1789. Enlevant d'assaut la liberté de la presse, Mirabeau fondait en mai le Journal des Etats généraux, dont un arrêt du conseil interdisait bientôt la circulation. Il éludait cette défense en appelant ce journal Lettres de Mirabeau à ses commettants. Sous cette forme, cette publication se poursuivit jusqu'au 6 juillet 1789, où elle prit le nom de Courrier de Provence, paraissant trois fois par semaine.

Mirabeau eut comme collaborateurs au Courrier de Provence Dumont, Duroveray, l'un et l'autre de Genève, qui prirent part, plus d'une fois, à la préparation de ses discours (Dumont a écrit des souvenirs sur Mirabeau), puis Mejan, Cbamfort, Reybaz.

En février 1790, Mirabeau abandonna la direction du Courrier de Provence, qui était, selon l'expression d Edmond Rousse, « le journal et la chronique de lui-même», à Glavière.le futur ministre des finances de 1792. Celuici devait, l'année suivante, après son arrestation, se tuer dans sa prison.

Mirabeau avait pressenti la puissance du journal : il l'éprouva, et l'épigraphe qu'il avait donnée au sien, Novus rerum nascitur ordo, était vraiment prophétique.

Dans le premier numéro du Journal des Etats généraux, il s'était élevé contre l'étiquette surannée qui avait présidé à la réunion des Etats, contre la distinction des costumes imposés aux trois ordres. Dans la première Lettre aux commettants, il protestait énergiquement contre la mesure qui avait atteint son journal. Le ton de celte protestation est violent. C'était, cependant, le moment où il écrivait ailleurs : « Le meilleur moyen de faire avorter la révolution est de trop demander... il est certain que la nation n'est pas mûre... La Révolution a dépassé notre aptitude et notre instruction; je me conduis en conséquence, d

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