‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 62 sur 171 · ADOLPHE THIERS · texte numérisé non relu

ADOLPHE THIERS

La carrière de journaliste actif d'Adolphe Thicrs s'est déroulée sous la Restauration. 11 était arrivé à Paris en 1821, en compagnie de son ami et compatriote Mignet. Il fut sur le point de partir avec le capitaine Laplacc pour un voyage autour du monde. Dès 1822, il rédigeait au Constitutionnel le compte rendu du Salon. Puis il y fit de la politique militante. « Nous sommes la jeune garde! » disaife-il à M. de Rémusat. Il était, pour le parti libéral, une précieuse recrue. Le hasard a fait tomber entre mes mains un livre de comptes du Constitutionnel de 1826 à 18t30. Il contient d'assez piquants renseignements sur le prix des articles. On voit dans ce document de la petite histoire de la presse que Jay, Etienne, Dumoulin et Tissot, rédacteurs favorisés, subissaient, eux au-ssi, le système de la rétribution à l'article complet (124 lignes), aux trois quarts d'article, à la moitié d'article, au quart d'arti< le. Le quart d'article était payé 19 francs.

Thiers était, au point de vue des honoraires, sur le pied de C. Lemaire, Thiessé, Bodin et AiMiée. « Les articles de ces messieurs, écrit le caissioc on mémento, sont payés 70 francs quand ils ont 140 lignes. A«-dessus de cinq articles, ils ne sont plus payés que 50 francs. » On constate que, au-dessous de 36 lignes, l'article nest pas payé.

Le 3 janvier 1830, Thiers fondait avec Mignet, Armand Carrel et Sautelet, le National. Ce journal attesUiit son respect pour la légalité. « Usons, disait Thiers à ses collaborateurs, de tous les moyens légaux. Nous n'aurons pas un seul procès, et les Bourbons feront des folies pour leur propre compte. » 11 cotnbat'tait avec les armes de

la logique. Le National fut, cependant, poursuivi et condamné, sans que ces mesures diminuassent en rien l'ardeur de ses rédacteurs. Dans l'article de Thiers déféré ù la justice, on avait relevé ce passage : « La question est dans les choses : elle pourrait être un jour dans les personnes, mais par la faute de ces dernières. Le système est indifférent pour les personnes, mais si elles n'étaient pas indifférentes pour le système, si elles le haïssaient,

I attaquaient, alors la question deviendrait question de choses et de personnes à la fois. Mais ce seraient les a personnes » qui l'auraient posée elles-mêmes. »

On sait que c'est dans les bureau» du National, rue Neuve-Saint-Marc, que se réunirent les journalistes libéraux «près la publication des « ordonnances » dans le .Moniteur, le 2G juillet 1830. Adolphe Thiers prit la tète du mouvement de protestation. Cette protestation, il fut chargé de la rédiger avec Châtelain et Cauchois-Lemaire.

II eut la part décisive à sa rédaction. C'était encore un « article », malgré sa forme de manifeste, mais cet article-là devait emporter une monarchie. « Le roi règne et ne gouverne pas, » avait-il dit précédemment. Le roi, ayant violé la charte, ne devait plus régner.

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