‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 73 sur 171 · ATTENDRE ET SE PREPARER · texte numérisé non relu

ATTENDRE ET SE PREPARER

Pour les hommes à la vue courte, la révolutioa de 1830 n'eut d'aut-re cause que les quinze années d'oppression qui la précédèrent. Pour ceux qui

savent enchaîner les événements de l'histoire, la révolution de 1830 est fille de la révolution de 89.

La gloire de nos pères fut de verser leur sang pour faire connaître et respecter des autres peuples le dogme de la souveraineté populaire; la nôtre sera de leur apprendre comment on marche avec sagesse, mais avec fermeté, à la réalisation de toutes les conséquences qu'il doit amener tôt ou tard.

Mais l'œuvre qui doit développer, étendre, afîermir les intérêts du peuple, sera longue et difficile.

Croyez-vous que trois jours aient pu guérir les plaies sociales qui fatiguent la France? Croyez-vous qu'en trois jours on épure les mœurs, on ramène à la dignité de la conscience, à la haute estime du travail trois générations victimes de tant d'intrigues, victimes aussi de tant de malheurs?

Que nous reste-t-il donc à faire, à nous qui souhaitons pour notre pays et pour l'Europe ensuite ce que nos pères ont voulu, ce que Napoléon lui-même a prédit?

Il nous reste à voir s'user devant nous tous ces prétendants qui se font populaires d'abord et qui, entraînés par une force logique, s'aperçoivent bientôt que le«rs intérêts ne sont pas les nôtres, qui commencent alors par la crainte, qui essayent ensuite de la corruption, et qui finissent par la violence.

Patience! Le temps les pousse.

Maintenant que des partis se choquent encore, que des prétentions diverses se présentent, on sait avec qui nous serons, — avec le peuple, toujours avec le peuple.

Ce sont là nos principes, et nous n'avons pas peur qu'ils périssent. Tôt ou tard la France, fatiguée de déceplious, viendra leur demander son repos ou sa gloire. Jusque-là, qu'avons-nous à faire?

Attendre et se préparer. [La Tribune.)

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