LES SOIREES LITTERAIRES
... De nos jours, la poësie, en reparaissant parmi BOUS, après une absence incontestable, sous des formes un peu étranges, avec un sentiment profond et nouveau, avait à vaincre bien des périls, à traverser bien des moqueries. On se rappelle encore comment tut accueilli le glorieux précurseur de cette poésie à la fois éclatante et intime et ce qu'il lui fallut de génie opiniâtre pour croire en lui-même et persister. Mais lui, du moins, solitaire, il a ouvert sa voie; solitaire, il l'achève : il n'y a que les vigoureuses et invincibles natures qui soient dans ce cas. De plus faibles, de plus jeunes, de plus expaasifs, après lui, ont senti le besoin de se rallier, de s'entendre à l'avance, et de préluder quelque temps à l'abri de cette société orageuse qui grondait à l'eatour. Ces sortes d'intimités, on l'a vu, ne sont pas sans profit pour l'art aux époques de renaissance ou de dissolution. Elles consolent, elles soutiennent dans les commencements et, à une certaine saison do la vie des poètes, contre l'indifférence du dehors, elles permettent à quelques parties du talent, craintives et tendres, de s'épanouir avant que le souffle aride les ait séchées.
Mais, dès qu'elles se prolongent et se régularisent en cercles arrangés, \vnv inconvénient est de rapetisser, d'endormir le génie, de le soustraire aux chances humaines et à ces tempêtes qui enracinent, de le payer d'adulations qu'il se croit obligé de rendre avec une prodigalité de roi. Il suit de là que