‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 106 sur 185 · PENSEES · texte numérisé non relu

PENSEES

Voulez-vous juger un homme? Donnez-lui un commandement.

— D'où vient-il que les hommes ont appris plutôt à calculer le cours des astres qu'à connaître la meil» eare organisation politique ? C'est que les enfants

260 A.NTHOLOGIE DU JOURNALISME

portent toujours le nez au vent et ne voient pas ce qui est à leurs pieds.

— Malheur au pays dans lequel des paroles et des opinions constituent un crime.

— Cent hommes qui veulent sont plus puissants que cent mille qu'on force.

— Les hommes ressemblent aux plantes. Placezles dans la cave la plus obscure, c'est vers la lumière, ne montrât-elle qu'un point, qu'elles s'élèveront.

— Rien ne peut faire revivre ce qui est mort dans l'opinion.

— Les sophismes et les banalités ne manquent pas aux fougueux tribuns d'il y a dix ans, aujourd'hui reposés et somnolents :

Qu'est-ce que quelques années de plus dans la vie d'un peuple?

C'est plus qu'il n'en faut pour enterrer une génération ou faire une révolution.

Jetez les yeux sur les autres pays. Vous verrez que notre situation est préférable à la leur.

Il est curieux que, lorsqu'on signale des maux produits par une cause déterminée, les apologistes détournent l'attention sur des questions toutes différentes. Un fermier serait-il bien reçu s'il venait payer son terme avec de belles phrases sur la prospérité du domaine qui lui a été confié ? Il n'y a pas de nation, quelque pauvre et malheureuse qu'on la suppose, qui puisse servir de thème à un sophisme. Eh quoi ! on endurerait un mal, parce que d'autre» se résignent à la souffrance ?

On ne se plaint pas.

C'est là une objection qu'on oppose fréquemment quand il s'agit de réprimer les abus les plus graves.. La mesure, dit-on, n'est pas nécessaire. Personne

Page 1