AURÉLIEN SCHOLL
ne se plaiat du désordre auquel vous voulez remédier, et, cependant, sous tous les gouvernements, surtout sous ceux où la liberté de la presse est garantie, on réclame toujours, à tort ou à raison.
On ne se plaint pas équivaut à un veto sous toute mesure préventive. C'est comme si on attendait, pour garnir les ponts de parapets, qu'un nombre suffisant de personnes soient tombées à l'eau.
Il faut attendre, le moment n'est pas venu.
Argument de ceux qui, hostiles à une mesure, ne veulent pas l'avouer. L'ajournement prépare au rejet définitif. C'est la tactique de ces défenseurs de mauvaise foi qui, d'incident en incident, de pouvoir en pouvoir, espèrent ruiner leurs adversaires et les désarmer de guerre lasse.
— L'époque la plus favorable pour la répression d'un abus, c'est le jour où on le découvre.
— N'oublions pas que toutes les réformes ont été arrachées au pouvoir après la plus vive résistance, et presque toujours dans le tumulte des révolutions, c'est-à-dire dans le temps le plus mal choisi pour les amis éclairés du bien public.