‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 112 sur 185 · ALBÉRIC SECOND · texte numérisé non relu

ALBÉRIC SECOND

le degré de parenté ou d'aflection. Je vais frapper trois coups. Au dernier, vous aurez à exécuter le geste relatif au cadavre de monsieur votre oncle. Y sommes-nous? Une, deux, trois, partez.

« ... La grande Taglioni, après deux heures deleçon données par son père, s'affaissait, mourante^, sur le tapis de sa chambre, se laissant déshabiller,, éponger et rhabiller, inconsciente des soins qui lut étaient prodigués. L'agilité sans égale et les volsaériens de la soirée étaient achetés à ce prix.

« Nathalie Fitz-James avait imaginé une façon,de « se tourner » et de se « casser » tout à la fois.- EUe se couchait par terre, le visage collé au parquet, les jambes étendues horizontalement. Puiselle faisait monter sur elle une de ses sœurs, avec.'mission de peser de tout son poids sur celte par-tie du corps où, comme disait Arnal dans un de sesbons vaudevilles, le rein change de nom. Ce n'est pas sans péril qu'on exerce un semblable métier.. On se suspend à des fîls d'archal, on s'assied sur des nuages, on disparaît dans les dessous et, sou-^ vent, on court de grands risques. Je me rappelle^ au premier acte de la Péri, le poétique ballet de- Théophile Gautier, un saut périlleux exécuté par Carlotta Grisi. Que son partenaire Petipa fût maladroit ou distrait, Carlotta se cassait quelque chose sur les planches du théâtre... »

L'avertisseur frappa les trois coups traditionnels; Ernest Allés donna le signal à sa vaillante troupe et la toile se leva pour le deuxième acte.. Jamais Léontine Beaugrand, cette maréchale de la danse, n'obtint plus de succès et ne fut plus chau-r dément applaudie.

(Le Charivari, novembre 1879.).^

Tant d'événements emplissent cette période qu'on ne peut que les résumer brièvement, au point de vue des discussions provoquées dans la presse.

La loi du 29 juillet 1881, précédée, deux ans auparavant, parl'amnistie qui s'appliquaità 2 700 condamnations, sous les gouvernements de réaction^, rend,^ en établissant une législation nouvelle, la liberté à la presse; elle écarte les délits d'opinion. Dans les débats qui se poursuivent alors, M. Clemenceau soutient que, « dans un pays prétendant et voulant se gouverner lui-môme, le droit de critiquer et de discuter le gouvernement doit être absolu ». Les circonstances font apporter quelques modi» fications à la loi, notamment en ce qui concerne la diffamation, les offenses envers les souverain» étrangers, les provocations directes au crime.

En 1880, les Chambres quittent Versailles pour Paris. La même année est instituée la fête nationale du 14 juillet. Les ministères Waddington, Freycinet. Ferry se succèdent. Les débats ont porté sur l'amnistie, sur la réforme de la magistrature, sur la loi de l'enseignement supérieur, sur l'interdiction de l'enseignement secondaire donné par les membres des congrégations.

C'est alors, selon l'expression de Jules Ferry, « la lutte entre l'esprit laïque et l'esprit ihéocratique ». Le gouvernement fait exécuter les décrets qui ordonnent aux congrégations non autorisées de se disperser.

Une scission s'est faite dans le parti républicain, entre l'extrême gauche et la gauche, dont le programme est qualilié du nom « d'opportunisme »,

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