H. Avenel, Histoire de la Presse française
•-« mot bien détourné <,(e son sens », a écrit Ranc. f^* « opportunisme », dans l'esprit de ceux qui l'attaquent, c'est la politique de Gambetta. Les polécmiques emplissent là presse, leur ton étant donné, •<ians l'un et l'autre camp, par la République frari' '^aise et la Justice, de M. Clemenceau.
En 1881, l'expédition de Tunisie, par laquelle s'inaugure la politique coloniale de Jules Ferry, est •décidée. Il faut, presque en même temps, réprimer, ««n Algérie, les troubles provoqués par la révolte de Bou-Amena.
Au ministère Ferry succède le ministère Gaml)etta. Il a avec lui Spuller, Paul Bert, Waideck- Housseau, Bouvier, Félix Faure, Cochery, Cazot, Martin-Feuillée, Raynal. Le général Campenou est à la guerre, Gougeard à la marine. C'est « le grand •ministère ». Mais il est de courte durée. Gambetta lombe sous la coalition de ses adversaires, après trois mois de pouvoir, abreuvé d'outrages par l'/n- 'transigeafit, de Rochefort, le Cri du peuple, de Vallès, le Radical et les autres journaux qui lui font une • fflonliauelle opposition.
Il est remplacé par M. de Freycinet. Les lois sur 'l'instruction primaire et sur le divorce sont votées ■ en première délibération. La loi sur le divorce a été soutenue avec persévérance par Alfred Naquet, ■car le projet date de 1876. M. de Freycinet est renversé pour sa politique dans la question égyptienne. C'est une période d'agitation et de désarroi, au milieu de laquelle le prince Napoléon lance un étrange manifeste, qui inquiète le ministère Duclerc. Après M. Fallières, Jules Ferry prend la présidence du Conseil .
Le 31 décembre 1882, c'est la mort de Gambetta, jJîienlôt suivie de celle du général Chanzy.
Un nom s'est répandu. L'opinion n'est plus indif- •^renle aux grandes explorations, et s'intéresse à
l'œuvre de Savorgnan de Brazza, plus chevaleresque que son rival Stanley. Il assurera à la France Ja possession d'un vaste domaine africain.
Le ton des polémiques est alors très violent. « Pour parler des ministres, dit Jules Ferry, on cherche dans l'argot des bagnes les expressions les plus grossières, et cela se remarque surtout dans les journaux rédigés par des gentilshomTT)es. » Les conventions avec les compagnies de chemins de fer, la loi sur les syndicats professionnels, l'organisation de l'instruction primaire, occupent le Parlement pendant que hi question du Tonkin prend de plus en plus d'importance. Le 26 mai 1883, le commandant liivière a été massacré avec trente de ses compagnons par les Pavillons-Noirs à la solde de l'Annam. L'amiral Courbet bombarde les forts de la rivière de Hué. L'expédition se développe, avec les généraux Millot, de Négrier, Brière de risle, s'étend à l'état de représailles contre la Chine. La nervosité du Parlement, à l'occasion de la nouvelle exagérée de la retraite de Lang-Son, provoque la chute de Jules Ferry, vivement attaqué par M. Clemenceau. Une impopularité injustifiée poursuivra longtemps Jules Ferry, jusqu'à l'heure tardive où lui viendra la réparation de cette manière d'ostracisme par son élection à la présidence du Sénat. Sous son ministère a aussi commencé l'expédition de Madagascar,
En 1883 est mort le comte de Chambord.
Les élections de 1885 se font au scrutin de liste, sous un ministère Brisson. Victor Hugo est mort le 22 mai. En décembre, Jules Grévy est réélu président de la République.
Les ministères se succèdent, cherchant à pratiquer une politique de concentration républicaine. En 1886, année marquée par l'expulsion des membres des familles ayant régné sur la France, puis
par un état de tension avec l'Allemagne, c'est l'avènement, au ministère de la guerre, du général Boulanger, dont va s'engouer une partie de l'opinion. Puis, c'est le scandale des décorations, qui amènera en 1887 la démission de Jules Grévy, auquel succédera Sadi Carnot.
Le mouvement boulangiste commence à se produire, soutenu par des procédés nouveaux dans la politique française, grossi de partisans venus de pôles opposés qui forment la coalition révisionniste. Le général Boulanger, au-dessous de sa singulière fortune, avait été le « syndic des mécontents ». Parti de l'idée, qui ne lui était même pas personnelle, d'une épuration de la république, il devait être un instrument entre les mains des partis de réaction et, finalement, prouver combien s'expliquait peu la fascination qu'il avait un moment exercée.
Le boulangisrae a comme ardents défenseurs la Cocarde, le Gaulois, la Presse, V Intransigeant. Naquet, Laguerre, Rochefort, Arthur Meyer. Il est combattu par la presse républicaine. On rappellera les Petites Catilinaires de M. Joseph Reinach.
L'Exposition universelle de 1889 apporte une trêve à des luttes auxquelles va se mêler le parti socialiste, lui-même divisé. L'antisémitisme incite à d'autres polémiques violentes. Ce sera bientôt l'ère des scandales du Panama, puis viendront les attentats anarchistes qui, après le geste de Vaillant à la Chambre des députés et l'assassinat, à Lyon, en 1894, du président Carnot, par Caserio, feront voter des lois d'exception pour arrêter la propagande et les menées de ces émules des terroristes russes.
Casimir Perier est élu président de la République et donne sa démission en 1895. Les ministères Dupuy, Ribot, Léon Bourgeois, Sarrien, indiquent successivement T'orientation des partis. Félix Faure remplace Casimir Perier, fait appel à
un ministère Ribot, auquel succéderont les cabinets Bourgeois, Méline, Brisson, Dupuy, Freycinet,
Félix Faure fait, en 1897, le voyage de Russie, où est proclamée l'alliance russe. C'est, en Afrique» la fin de la longue lutte contre l'almamy Samory, notre vieil ennemi. Mais des difficultés surgissent entre la France et l'Angleterre à l'occasion de l'occupation de Fachoda, sur le Haut-Nil, par la mission Marchand, qui reçoit l'ordre d'évacuer ce poste. Madagascar est déclarée colonie française. Un congrès socialiste international s'ouvre à Lille. Des lois sont votées qui apportent des améliorations aux conditions du travail.
L'affaire Dreyfus va emplir les dernières années du siècle. L'arrestation du capitaine Dreyfus, inculpé de trahison, date d'octobre 1894. Un procès s'était engagé qui allait causer un bouleversement de la vie nationale. Il donnait lieu tout d'abord, après la condamnation du capitaine, à de graves incidents diplomatiques avec l'Allemagne.
Les irrégularités du procès inquiètent certains esprits. La brochure de Bernard Lazare, Une Erreur judiciaire, résume ces anxiétés. Scheurer-Kestner, après une minutieuse enquête, interpelle au Sénat. M. Mathieu Dreyfus dénonce le commandant Estherazy. L' « affaire », qui a surexcité les passions, va entrer dès lors dans sa phase aiguë. Emile Zola lance son article fameux : « J'accuse ! » et prédit « que la vérité est en marche et que rien nd Tarrêtera plus ». La revision est réclamée, par une pétition dont les premiers signataires sont des membres de l'Institut. Les partisans de la condamnation répondent par un meeting organisé par Rochefort €t Drumont. L'agitation ne cesse de grandir. Des coups de théâtre se produisent. Des troubles altes» tent les divisions de l'opinion. « Arrêtez par votre verdict, dit M. Clemenceau aux jurés du premier
procès Zola, les premiers mouvements delà guerre religieuse qui serait le déshonneur de ce pays. » La découverte des faux du colonel Henry amène son suicide, incite beaucoup de ceux qui étaient, là veille, antircvisionnistes à demander la revision e la mise eu liberté du colonel Picquart, arrêté pour avoir signalé ces faux. Il ne reste plus, à Paris, que quatorze journaux prenant position contre cette revision. Les polémiques atteignent un extrême degré d'acuité ou de violence. Il ne s'agit pas ici de rappeler les phases de l'a affaire ». Ce ne seront bientôtquebagarres, tentatives d'émeutes, dans une campagne à laquelle prendront part toutes les forces de réaction contre la république parlementaire. La lutte se poursuit à coups d'affiches. Aux ligues « qui organisent le désordre » répond la ligue des Droits de l'Homme, qui compte parmi ses fondateurs Duclaux, Louis Havet, Anatole France, F. Buisson. La France est cruellement divisée en deux camps. On donne une étrange signification au cri de « vive l'armée », suivi d'appels à la haine contre les institutions républicaines et les hommes qui les représentent. On revoit se former, comme au temps du boulangisme, des coalitions d'adversaires du régime.
Félix Faure meurt le 16 février 1899. ï\ a pour successeur M. Loubet, dont l'avènement provoque des manifestations où Paul Déroulède, clairvoyant quand il s'agit de préparer le pays à une agression allemande, mais égaré jusqu'à servir, bien queses intentions soient différentes, les projets des royalistes et des antisémites, donne, place de la Nation, le signal de l'action. Il est arrêté, en même temps que Marcel Habert, mais acquitté par la cour d'assises.
Ce n'est qu'après [bien d'autres épisodes de ce combat pour la vérité et la justice, soutenu par les-
défenseurs de la République, que la cour de cassation renvoie le capitaine Dreyfus devant le conseil de guerre de Prennes. Tel est toujours l'état d'agitation que l'un des défenseurs de Dreyfus, M° Labori^ «st l'objet d'une tentative d'assassinat. Le jugement du conseil de guerre, malaisément explicable, puisqu'il admet les circonstances atténuantes au crime de haute trahison, est suivi de la grâce accordée par \e président Loubet. Le général de Gallifet, ministre de la guerre du cabinet Waldeck-Rousseau, jjrononce le mot fameux : « L'incident est clos. » ]Le capitaine Dreyfus, un peu plus tard, sera rétabli dans son grade, puis promu commandant.
La Haute Cour de justice se réunit en septembre 1899 pour juger, sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'Etat, les auteurs des menées royalistes et Paul Déroulède, puis Marcel Habert. C'est enfin l'inconcevable aventure des lieutenants Voulet et Chanoine, en Afrique. Mais c'est -avec l'Exposition universelle de 1900 que doit se clore ce rapide exposé. A travers tant d'obstacles, malgré tant de heurts, malgré les crises qu'elle a traversées, la République n'a cessé de .s'affermir, .d'élargir ses conceptions. Elle a préparé les générations qui, en 1914, se lèveront, d'un élan unanime, pour sauver la France.
Que de transformations de la vie en cette période, qui voit naître et se développer de grandes inventions !
Les essais du téléphone de Graham Bell dataient de 1877, année où on avait vu à Paris les premières expériences de lumière électrique. Le téléphone entrait, deux ans plus tard, dans la pratique. Les applications de l'électricité se succédaient : transport de la force à distance, construction de locomotives électriques, l'heure donnée simultanément aux horloges par l'électricité, etc. Le phonographe
trouvait des incrédules, même à l'Académie des sciences, avant d'être vulgarisé.
En 1884, Pasteur faisait part de ses découvertes relatives à la guérison de la rage. C'étaient, d'année en année, les expériences de Paul Bert sur de nouveaux procédés d'anesthésie, le succès de l'épreuve du sous-marin le Gymnote; les audacieuses constructions en fer dont la tour Eiffel devait ctre un exemple; la détermination des ondes hertziennes, base de la radiographie; les travaux du docteur Roux sur la diphtérie ; ceux de Lippmann sur la photographie des couleurs; ceux de Brow^n-Séquard, qui pouvaient être discutés, sur la reconstitution des forces humaines ; ceux de Rœntgen sur les rayons lumineux traversant des corps opaques; ceux du docteur Yersin sur le sérum antipesteux. C'est l'invention du cinématographe par M. Lumière; la télégraphie sans fil, l'automobilisme, les procédés nouveaux de culture, les débuts de l'aviation.
La chirurgie a fait des progrès considérables. La science a mis de puissants moyens d'action au service du travail. L'activité a été dans tous les domaines.
Les grandes explorations ont été continuelles. Le continent africain a été traversé dans tous les sens. Il n'est plus de terres inconnues.
Paris a subi bien des modifications. Mais on a sacrifié nombre de vieilles maisons et d'anciennes rues qui évoquaient son histoire. Incendié dans les derniers jours de l'insurrection communaliste, en mai 1871, l'Hôtel de Ville, reconstruit, a été inauguré en 1882.
Des œuvres importantes dans le roman ou au théâtre se sont produites de 1880 à 1900 : les derniers poèmes de Victor Hugo, qui seront suivis de
DE 1880 A 190e 281
tout ce que Vacquerie et Maurice mettront à jour, après sa mort; l'Histoire sans nom, les Diaholiques, Ce qui ne meurt pas, les Ridicules du temps, Ae Barbey d'Aurevilly; l'Evangéliste , le Nabah, V Immortel, Sapho, Port-Tarascon, d'Alphonse Daudet; les Sous'enirs d'enfance et de jeunesse, l'Abhesse de Jouarre, de Renan; Nerto, de Frédéric 'Mistral; les Allemands , du P. Didon ; l'Œuvre, Germinal, le Docteur Pascal, la Bête humaine, le liêve, Paris, Borne, Lourdes, Travail, Fécondité, ■etc., d'Emile Zola; Pêcheur d'Islande, Propos d'exil, Mon Frère Yves^ Madame Chrysanthème, Ramuntcho, de Pierre Loti.; Mensonges, André Cornélis. Cosmopolis , de Paul Bourget; Mont-Oriol^ Fort comme la mort. Bel Ami, Notre Cœur, Pierre ^t Jean, de Guy de Maupassaut; le Bonheur, de 'Sully Prudhorame ; l'Apollonide, de Leconte de Li≤ les Trophées, de J.-M. de Hérédia ; les Mémoires des autres, de Jules Simon; Science et moraie, de Berthelot; Thaïs, Balthazar., V Etui de nacre, l'Anneau d'améthyste, le Lys rouge, etc., .d'Anatole France; Barnabe, Xavière, VAbbé Roitelet, Monsieur Jean, de Ferdinand Fabre ; Serenus, les Rois, les Contemporains, de Jules Lemaître; Un Homme libre, L'Ennemi des lois, le Jardin de Bérénice, de Maurice Barres; Puyjoli, l'Américaine, la jOigarette, la Vie à Paris^ de Jules Claretie : le Nouveau Jeu, de Henri Lavedan; En rade, Là-Bas, Certains, de J.-K, Huysmans; Mi-Diable, Héros et Pantins, Gueux de marque, de Léon Cladel ; Robes j-ouges, le Vice filial, les Cœurs utiles, Princesses byzantines, de Paul Adam ; Querelles littéraires^ Ae Henri Becque; Césarine, le Cadet, la Miseloque, Ae J. Richcpiu; la Chèvre d'or, de Paul Arène; les Xorneilles, Daniel Valgraive, l'Immolation, de J.-H, Jlosny; Amour de tête. Cœurs à part, d'Abel Hermant; le Calvaire, d'Octave Mirbeau; Waterloo, dç
Henry Houssaye ; etc. De 1885 à 1895, l'Année littéraire, de Paul Ginisty, analyse et étudie ces œuvres.
Au théâtre : l'Etrangère, Francillon, Denise, d'Alexandre Dumas fils; Formosa, Jalousie, d'Auguste Vacquerie; Margot, Ma Cousine, Papa, Décoré, de Henry Meilhac; Monsieur le Ministre, le Prince Zilah, de Jules Claretie ; Fedora, Georgette, Cléopâtre, Thermidor, Madame Sans-Géne, de Sardou ; Sévéro Torelli, les Jacobiies, Pour la Couronne, de Coppée; la Souris, d'Edouard Pailleron; Révoltée, Mariage blanc, le Pardon,'Flipote, le De' puié Leveau, de 3 . LemaHre ; Catherine, le Prince d'Aurec, de H. Lavedan; Monsieur Scapin, le Flibustier, le Chemineau, de Jean Richepiu ; Blanchette, l'Engrenage, l'Evasion, les Trois Filles de M. Dupont, de Brieux; les Tenailles, la Loi de l'Homme^ les Paroles restent, de Paul Hervieu; Amants, la Douloureuse, de Maurice Donnay; Boubouroche , de Gourteline; Brignot et sa fille, Rosine, de A. Capus; les Romanesques, la Princesse lointaine, la Samaritaine, Cyrano de Bergerac, d'Edm. Rostand; les Corbeaux, la Parisienne, de H. Becque ; Socrate et sa femme, de Théodore de Banville; etc.
Musique : Françoise de Rimini , d'Ambroise Thomas; Henry VIII, de Saint-Saëns; Lakmé, de Léo Delibes; Manon, de Massenet; Sigurd, de Reyer; Ascanio, de Saint-Saëns; Thaïs, de Massenet; Louise, de G. Charpentier; etc.
En ces vingt années, de nombreux journaux furent fondés, dont beaucoup ont disparu. D'autres, d'ancienne date, déclinèrent et cessèrent leur publication ou ne la continuèrent que dans des conditions obscures, comme le Constitutionnel, le Bloni-' ieur Universel, l'Opinion nationale, le National, 1» JPetit Moniteur, le Pays, l'Estafette,
La période où la République fut opiniâtrement combattue avait vu naître V Assemblée nationale ; la Défense, qui devint la Civilisation, avec Henry des Houx, dont les opinions ne laissèrent pas que de se modifier plus tard; l'Ordre, inspiré par Rouher; la Nation, qui avait pour rédacteurs Jules Delafosse, Augustin Filon, Albert Duruy; le Triboulet,. journal d'un royalisme exaspéré, avec Saint-Patrice, Gaston Jollivet, J. de Gastyne; le Combat, qui reprenait le titre d'un journal révolutionnaire pour être violemment bonapartiste, h' Appel au peuple et le Petit Caporal devaient devenir les derniers journaux napoléoniens. Ces feuilles terminèrent successivement leur carrière.
Après 1880, parurent, à des pôles opposés, le Radical, dont Henry Maret fut le rédacteur en chef, ayant comme principaux collaborateurs Ranc, Sigismond Lacroix, Jules Lermina; la Paix, de Gaston Carie, qui passait pour l'organe de l'Elysée; la: Croix, rédigé par les Pères de l'Assomption.
Le Gil Blas, fondé par A. Dumont, réunissait une rédaction littéraire d'élite, Banville, Barbeyd'Aurevilly, Louis Ulbach, Jules Vallès, Henry Fouquier, Octave Mirbeau , Armand Silvestre, G. de Maupassant, Léon Chapron, Jean Richepin, Qua* trelles, Emile Yillemot, Bernard Derosne.
H voisinait, sur le boulevard des Capucines, avec l'Echo de Paris, fondé par V. Simond, où collaboraient Edmond Lepelletier, Catulle Mendès, Jules Lemaître, et avec le Clairon, dirigé par J. Cornély,. où Alfred Capus fit ses premières armes. Eu 188i, naissait, sous la direction d'Alfred Edwards, le Matin. Paul de Cassagnac abandonna le Pays pour diriger, avec ses lils et M. Delafosse, V Autorité.
La période du boulangisme fit éclore la Revan^ clie, la Cocarde, un nombre considérable de publi» <iations illustrées, défendant ou attaquautle généraU
Puis ce sont VEclair, d'abord éclectique, dont Georges Montorgueil, qui a fait ses preuves au Paris, est un des principaux rédacteurs, qui prend ensuite une couleur avec Alphonse Ilumbert, et le Journal, dont Feruand Xau a été le fondateur et qui donne une part importante à la littérature.
Edouard Drumont, avec la Libre Parole qu'il crée en quittant la Liberté, détermine des courants d'opinion qui retardent un apaisement dont la France a alors particulièrement besoin.
Ce seront, au moment de l'afTaire Dreyfus, les Droits de l'ILomme, de Henri Deloncle, V Aurore, de Yaughan, qui combattront les adversaires de la revision. M. Clemenceau donnera un concours actif à V Aurore, où paraîtra la lettre de Zola, J'accuse.
Journaux d'opinion ou d'information, ce sont successivement le Jour, le Petit Bleu, la Volonté, ce dernier journal dirigé par M. Franklin-Bouillon, le Grand-Journal d'Albiotqui innove le journal à huit pages.
Les moyens matériels dont dispose la presse accroissent sa diffusion. Le Petit Parisien, le Jour^ nal, le Matin atteignent des tirages considérables. La linotype remplace la composition à la main. Les jjournaux régionaux prennent aussi un grand développement. Comme ceux de Paris, ils commencent à augmenter le nombre de leurs pages. On peut rappeler, aujourd'hui que les quotidiens offrent de nombreux clichés, que la première tentative d'un journal donnant des dessins et des reproductions photographiques fut V Actualité , de G. Decaux. Cet essai se produisait trop tôt.
Les journaux illustrés modifient leur aspect et abondent. Les revues se font plus nombreuses. Les journaux spéciaux se multiplient. En 1897, païîaît un journal quotidien uniquement rédigé par -4es femmes, la Fronde, que dirige M^^^ Marguerite,