‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 128 sur 185 · JOSEPH REINACH · texte numérisé non relu

JOSEPH REINACH

Joseph Rcinach, nourri de fortes études, fut mêlé trè» jeune à la vie politique. Il a raconté spirituellement^, dans un des plus vivants portraits qui aient été faits de M. Tliiers, comment, encore adolescent, il fut introduit auprès du vieil homme d'Etat, « C'est au Seize-Mai,. a-t-il écrit, que j'ai fait ma première campagne politique. Nous combattions pour notre idéal : la République ; nous conspirions un peu. Gambetta m'avait appelé à collaborer à son journal. Je fus poursuivi par les par-» quets du duc de Broglie, pour une brochure de propa» gande. J'avais vingt ans. Oh! le beau temps! » On sait avec quelle ferveur Joseph Reinach conservait le souvenir de Gambetta, auquel il a consacré d'importantes études et dont il a publié les Discours et plaidoyers politiques. Il fut, pendant le ministère de Gambetta, secrétaire de la présidence du conseil.

Il a retracé aussi son passage au XIX^ Siècle d'About. Il devait revenir, en 1886, comme rédacteur en chef, à la République française, et c'est là que, avec autant de vigueur que d'esprit, le lettré s'attestant toujours sous le polémiste, il combattit le mouvement boulangiste. Ses articles ont été recueillis sous ces titres : le Cheual noir, les Petites Catilinaires, la Foire boulan* giste. En 1889, M. Reinach était élu député.

Curieux d'art, de littérature et d'histoire, il écrivit des études sur Diderot, Marivaux, l'Allemagne politique et intellectuelle ; il dessina des portraits pleins de relief des hommes qu'il avait connus. Le combatif de l'époque du boulangisme se retrouva au moment de l'affaire Dreyfus. Après avoir courageusement, et non sans l'isques, en effet, lutté pour la revision du procès, il écrivit l'histoire de l'Affaire. Et là encore, en ces pages ardentes, où le talent est mis au service de la vérité, s'atteste

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«on art du portrait, dans les figures qu'il a campées magistralement.

Il fut, plus tard, président de la commission chargée ■de réunir et de publier les documents relatifs à l'histoire politique et diplomatique des événements de 1870.

Pendant la guerre de 1914, en outre de ses articles au Temps, aux Débats, il donna au Figaro, sous le titre : les Commentaires de Polybe, ses vues et ses impressions :sur le déroulement des hostilités.

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