‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 134 sur 185 · EDOUARD DRUMONT · texte numérisé non relu

EDOUARD DRUMONT

Quand il avait quitté la préfecture de la Seine, où il était employé, Edouard Drumont avait donné des romans, comme le Dernier des Tremolin; il s'était plu à des travaux d'érudition ; il avait publié les papiers inédits du duc de Saint-Simon; il avait écrit des études sur Paris^ attestant sa curiosité pour les vieilles pierres et lesvieilles rues. Puis il avait chronique au Petit Journal, au Bien Public, à la Liberté. Ce passé littéraire ne faisait pas pressentir le polémiste de la France juive (1886), Cet ouvrage fit grand bruit. Mais des écrivains catholiques eux-mêmes s'inquiétèrent de la fougue de l'auteur et de ses conclusions excessives. « Je connais personnellement Drumont, écrivait J. Gornély, et je fais cas de lui comme homme et comme écrivain. C'est pourquoi je lui dois la vérité. Eh bien, je trouve qu'il a outrepassé, dan» certains portraits qu'il a tracés, la limite de ses droits et celle de la justice. »

Edouard Drumont, à cette époque, défendit d'ailleurs ses opinions l'épée à la main. Il eut deux duels retentis* sants, l'un avec M. Charles Laurent, directeur du Paris^ l'autre avec M. Arthur Meyer, directeur du Gaulois,

Il faisait bientôt suivre son livre d'un autre, la Francs juive devant Vapinion.

En 1892, il fondait la Libre Parole, où, avec une âpre verve, il érigeait l'antisémitisme en doctrine, et soutenait des idées d'un autre temps, qui jetèrent le trouble dans certains esprits, impressionnés par la violence et la passion de ses articles. Il ajoutait ainsi d'autres causes de divisions à celles qui existaient déjà, trop nombreuses. Il fut, pendant une législature, député d'Alger» Abraham Dreyfus lui répondit un jour spirituellement en assurant, avec toutes les apparences du sérieux, que cet adversaire des Juifs était Juif lui-même et que son nom véritable était Dreimond.

L'âge avait peu à peu tempéré les ai-deurs de cet écrivain batailleur qui, en ses dernières^, années, dut renoncer à la lutte.

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