‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 135 sur 185 · LA LIBRE PAROLE · texte numérisé non relu

LA LIBRE PAROLE

... Jamais la France n'eut une pareille soif de Térité. Jamais on n'aspira davantage à entendre des voix indépendantes et viriles parler des choses '^du jour sans préoccupation vile, sans arrière-pensée de lucre.

La profonde misère intellectuelle et morale de tout le personnel politicien qui encombre la scène .depuis vingt ans nous apparaît à, tous avec une lamentable évidence. Ils sont là tous en train de ressemeler des programmes usés jusqu'à l'empeigne, de rapetasser des loques hors d'usage, de retourner des vêtements qui ne valent pas plus à l'envers qu'à l'endroit. Ils refont l'é'talage, ils ca- <;heut les objets défraîchis et exposent des objets qui leur semblent moins fanés. Le Radical, qui létait devenu opportuniste au moment du boulan- ^isme, se déclare maintenant radical-socialiste, et le Droitier, qui se qualifiait de révisionniste aux élections de 89, s'intitule maintenant constitutionnel.

La scène a son côté touchant. Il se passe, dans cette débâcle de tous les partis, ce qui se passait dans ces lieux autrefois fréquentés par la foule, comme le Palais-Royal, devenus aujourd'hui des déserts, dans ces passages comme le passage Pelorme qu'emplissait jadis le mouvement des curieux et des acheteurs, qui se sont transformés tout à coup en mornes solitudes.

' Réunis par le malheur , les commerçants n'éprouvent plus les uus pour les autres les rivalités

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