EMMANUEL ARENE
... « Taille fine et cambrée, la barbe en pointe, le» cheveux coupés drus et courts à la hussarde, le gilet blanc étroitement boutonné, le camélia à la boutonnière, un pied d'Andalouse serré dans la bottine yernie, le tube éblouissant sortant de chez le bon faiseur... » Et, aprè» ce portrait physique, dessiné par Adolphe Brisson, le portrait moral : « Il est méridional autant qu'on peut l'être. Il a les qualités et les défauts du Midi : la séduction, la grâce, la verve prime-sautière, l'audace et une souplesse qui lui permet d'évoluer parmi les obstacles^ et des poussées de fureur qui paralysent son entendement. Il a écrit des pages exquises, que n'eussent pa» désavouées Voltaire et Paul-Louis Courier, et il a signé des articles de polémique où l'invective est grossière... »
Rédacteur au XIX^ Siècle d'About, il entra très jeune dans la vie politique, et fut élu député de Gorte. L'amitié de Gambetta lui avait ouvert la voie. Il ne cessa pas sa collaboration aux journaux, Paris, le Matin, le Gil Bîaa, s'abauJonnant seulement à sa verve spirituelle , ou prompt à s'irriter et à envenimer les discussions, qu'il terminait volontiers l'épée à la main. Il avait l'esprit mordant et on citait souvent ses « mots ». Après avoir représenté à la Chambre divers arrondissements de la Corse, il fut élu sénateur en 1904.
L'auteur du Dernier Bandit, un recueil de récits pittoresques, se tournait de plus en plus vers la littérature. Critique dramatique du Figaro, il avait écrit V Adversaire en collaboration avec Alfred Capus et le Roi en collaboration avec R. de Fiers et Caillavet.