‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 177 sur 185 · JULES CLARETIE · texte numérisé non relu

JULES CLARETIE

« enterrement. » Au fond, il était sérieux. Avoir un bel enterrement, c'est avoir, par son travail et la dignité de sa vie, mérité le regret de tous ceux qui demeurent; c'es^ avoir été aimé et estimé; c'est n'avoir jamais repoussé une main tendue, un espoir tremblant, n'avoir point fermé l'oreille à une plainte, la porte au malbeur, l'espérance à un début, la pitié à un vaincu...

u J'ai fait du roman, et j'ai tâcbé de dégager de la stricte réalité humaine ce qu'elle a de consolant et de progressif. J'ai fait de l'histoire, et j'ai cherché, après mon maître Michelet , l'âme même de la Patrie. Je serais, au fond, chauvin, et c'est un ridicule honorable. J'ai fait de la critique, et j'ai toujours parlé des gens comme si je leur parlais, selon le mot de Fiévée. J'ai fait du théâtre. J'ai fait de tout, enfin, me sentant attiré par tout ce qui parle à mes instincts d'historien et d'artiste... J'ai beaucoup voyagé, aimant à la fois l'action et la solitude, me reposant d'un labeur par un autre, et chassant la fièvre du travail par la fièvre du chemin de fer. En fait, je suis de ceux qui aspirent toute leur vie au repos, ayant en eux un paresseux éperonné, ne se reposant jamais et continuant à piocher toujours et avec délices en se répétant cependant : Ce serait si bon de ne rien faire... Et si facile! Et si agréable aux camarades!... »

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