UN DISCOURS DE M. DE BISMARCK
Les discours de M. de Bismarck ne sont jamais longs, mais il est rare qu'ils ne soient pas très significatifs. Les Allemands doivent trouver qu'il parle peu et qu'il parle bien. L'allocution qu'il a adressée au parlement du Nord, en lui soumettant le projet de constitution, répond on ne peut mieux à cette double condition. Il est aussi impératif qu'on le pouvait attendre du ministre du futur empereur des Allemands ou des Germains, et il a le mérite incontestable d'indiquer sans ambages le but extrême des ambitions de la Prusse. M. de Bismarck ne s'est pas contenté de fixer au parlement le délai dans lequel devait être votée la constitution : en faisant entrevoir l'union avec les Etats du Sud comme la conséquence immédiate du vote, il a fourni aux députés le motif qu'il savait devoir le plus puissamment agir sur eux.
On peut, après cela, tenir pour certain que les délibérations ne seront pas longues. Il est merveilleux de voir comment le simple fait de la réunion du parlement du Nord a sufii pour faire apparaître les choses dans leur réalité, et pour montrer à tous les yeux des conséquences que tant de gens s'obs»