JULES FERRY
Jules Ferry devait figurer dans cette galerie de journalistes. Il fut parmi ceux qui menèrent la lutte la plus ardente contre le régime impérial, et ce fut la guerre de plume qu'il soutint qui le fit désigner pour la Tie publique.
Il est superflu de redire ici son œuvre d'homme d'Etat. Trois semaines avant sa mort, Jules Ferry, élu président du Sénat, voyait l'achèvement de la réparation de la grande injustice commise à l'égard de ce bon serviteur du pays. Pendant huit années, il avait dignement supporté l'impopularité, l'ingratitude, l'interprétation hostile de ses actes et de ses pensées. L'opinion a de ces mouvements déréglés. Elle avait oublié les larges vues politiques — dont le temps devait attester la netteté — de l'ancien président du conseil, en ce qui concernait l'éducation civique et morale de la démocratie, le développement de l'influence et du prestige, de la France, l'agrandissement nécessaire de son domaine colonial. Il y avait eu contre lui un fanatisme de la haine qui avait armé le bras d'un exalté, tirant, sur le ministre qui venait de quitter le pouvoir, un coup de revolver. Jules Ferry ne fut pas blessé, mais il reçut, à la pointe du cœur, un choc qui devait avoir des suites graves. Il ne fut pas réélu quand il demanda le renouvellement de son mandat de député, et ce ne fut qu'en 1891 qu'il put rentrer au Parlement, commencement de revanche qu'il dut aux électeurs sénatoriaux des Vosges.
Député de la Seine, membre du gouvernement de la Défense nationale, délégué à la préfecture de la Seine, ministre plénipotentiaire à Athènes, ministre de l'Instruction publique en 1879, président du Conseil en 1880, de nouveau ministre de l'Instruction publique en 1882, de nouveau président du Conseil en 1883, renversé le 30 mars 1885, exposé à de violents ressentiments, enfin