CHAM
Celui-là, qui ne cessa de saisir l'actualité de son crayon narquois, fut bien un journaliste, journaliste par le crayon, armé d'un joli brin de plume pour les légendes de ses dessins.
Il était le fils du comte de Noé, pair de France, et ce fut par plaisanterie qu'il choisit son pseudonyme, destiné à devenir populaire. Son père, contrairement à ce qui fut raconté, ne contraria pas sa vocation, et ce fut lui qui le fit entrer dans l'atelier de Charlet, puis de Delaroche. Il est vrai seulement qu'il avait d'abord souhaité pour lui une autre carrière. Le futur Chamfut admissible à l'Ecole polytechnique. Mais, en attendant son tour de subir l'épreuve orale de mathématiques, il crayonna en charge un des examinateurs. Le papier, passant de main en main, arriva jusqu'à ceux-ci.
Or le professeur qu'il avait caricaturé était précisément celui qui devait l'interroger. Le mathématicien attesta sa susceptibilité en prenant un ton bourru. Cham, estimant, un peu vite sans doute, que ce croquis fantaisiste lui aliénerait l'intérêt du maître et lui enlèverait toute chance, jeta la craie avec laquelle il avait à résoudre im problème sur le tableau noir et renonça à subir l'examen. Il fit un stage de quelques mois au ministère des Finances, mais il n'était pas fait pour l'administration.
Accueilli par Philippon, directeur du Charii^ari^ il publia d'abord quelques albums. Aventures de M. La Jaunisse, Histoire de M. Jobard, Deux Vieilles Filles à marier, la parodie des Mystères de Paris, etc. Mais ce fut en 1848 qu'il commença sa collaboration au Charivari par une série de caricatures intitulées : Mœurs algériennes, suivies des Souvenirs de garnison. La Révolu-