‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 69 sur 185 · EDGARD QUINET · texte numérisé non relu

EDGARD QUINET

Ce fut une grande figure, celle d'un homme qui fut toujours en paix avec sa conscience. Ce philosophe, ce professeur, longuement mêlé à la vie publique, dont il connut les épreuves par l'exil, eut une haute influence sur les esprits ardents de plusieurs générations. Pour l'expansion de ses généreuses opinions, il ne pouvait pas ne pas avoir recours au journal, et, en outx'e de sa collaboration à la Rei'ue des Deux Mondes et à la Reuue de Paria, il sema sa pensée en des articles significatifs dans les feuilles politiques des diverses époques qu'il traversa. « Ce que j'ai aimé, disait-il dans son Histoire de mes idées, je l'ai trouvé chaque jour plus aimable : chaque jour, la justice m'a paru plus sainte, la liberté plus belle, la parole plus sacrée, l'art plus réel, la réalité plus artiste, la poésie plus vraie, la vérité plus poétique, la nature plus divine, le divin plus naturel. » L'idée de démocratie s'unissait, chez Edgard Quinet, aa patriotisme, à l'amour de l'humanité, à la liberté de l'âme, à la souveraineté individuelle, à la moralité. « Il avait rêvé pour la démocratie, a dit Emile Montégut, la couronne de tous les héroïsmes et de toutes les grandeurs. » Son langage fut ample et mâle. Il fut de ceux qui firent de beaux rêves.

L'auteur de la Philosophie de l'Histoire de France, de la Révolution, le poète d'Ashaverus, le maître dont la parole vibrante avait eu tant d'éclat au Collège de France, rentrant en France en 1870 pour partager les maux de son pays, donna alors au Temps et au Siècle des articles d'une inspiration élevée.

Il fut, en 1871, député de Paris.

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