‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 88 sur 185 · HENRY MARET · texte numérisé non relu

HENRY MARET

Employé à l'Hôtel de Ville, il avait tôt quitté l'administration poui' la carrière des lettres, la commençant dans des conditions difficiles, vivant sur l'espoir de la représentation d'une pièce, la Reine vierge, qu'il avait portée au directeur de l'Odéon. Quelques articles au Charivari attirèrent l'attention sur lui, par leur verve caustique. Il avait le goût de la polémique; il s'y livrait d ailleurs en lettré. Après avoir passé à VOpinion nationale et au Temps, ses opinions s'accentuèrent, et il batailla contre l'Empire avec fougue, dans la Réforme, de Vermorel, puis au Rappel. Pendant la Commune, n'ayant accepté aucune fonction, il fut le principal collaborateur de Henri Rocbefort au Mot d'Ordre. Poursuivi, il fut condamné à cinq ans de réclusion, que son état de santé fit réduire à quelques mois de prison. Ces épreuves n'avaient pas diminué sa combativité : on le retrouve à la Constitution, au Corsaire, à V Avenir, aux Droits de Vhomme, à la Lanterne, à la Marseillaise, que Rochefort, encore exilé, avait fait revivre, au Mot d'Ordre, qui avait reparu. 11 connut alors de nouvelles condamnations de presse. Il fut ensuite le rédacteur en chef du Radical, véhément dans la discussion, mais toujours soucieux de la foi-me. Déjà conseiller municipal de Paris, il fut élu député en 1881 et réélu plusieurs fois. 11 fut un des premiers, au temps où le général Boulanger commençait à former un parti, à le combattre. La fin de sa vie parlementaire fut attristée par des accusations contre lesquelles il eut à se défendre.

Il ne fut pas qu'un journaliste politique. Il attestait, dans les questions d'art et de littérature, la vigueur et la netteté de ses idées.

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