HENRY DE LAPOMMERAYE
... « Un soir, au théâtre, je fus abordé par un jeune homme aux longs cheveux tombant sur les épaules, dont les beaux grands yeux largement ouverts et pleins de flamme, le sourire aimable et la voix mélodieuse me séduisirent du premier coup. Il était abondant en gestes, et les paroles coulaient de sa bouche comme l'eau des fontaines, sans interruption ni reprise, avec un bruit tarmonieux. Il me dit qu'il était avocat, qu'il commen- ■cait à s'escrimer dans le journalisme, mais que son ambition, sa vraie et ardente ambition était de restaurer, ou plutôt d'établir la conférence dans notre pays... »
Ainsi, évoquant les souvenirs des campagnes de conférences entreprises dans les dernières années de l'Empire, Francisque Sarcey a-t-il parlé de Henry de Lapomnierayc, dont l'activité fut toujours généreuse.
Lapommeraye se répandait abondamment, parlant et écrivant. Il donnait des articles quotidiens à la Petite Presse. Pendant le siège de Paris, en 1870-71, il fut un des initiateurs des matinées organisées par la Société des gens de lettres, dont le produit devait offrir des canons à la Défense nationale.
Après la guerre, il prit, au Bien public, le feuilleton dramatique. Il le rédigea ensuite au Paris, soutenant 'chaleureusement les « jeunes », discutant courtoisement avec les maîtres du théâtre, suggérant de nombreuses idées. Ce fut un parfait galant homme.