PAUL ARENE
Xe conteur délicieux de Jean fies Figues, à'' Au bon Soleil, de la Chèvre d'Or fut aussi un chroniqueur spirituel, donnant une note qui était bien à lui, dans une forme d'une parfaite pureté. Ce Provençal, venu à Paris comme maître d'études et se jetant bientôt dans les hasards de la vie littéraire, où il devait briller, eut toutes les grâces attiques.
« Paris, a dit Charles Monselet, son collaborateur pour l'Ilote, un acte donné à la Comédie-Française, a raffiné Paul Arène, au point d'en faire un de ses plus miracu- ^eux boulevardiers, dans le sens honnête du mot; mais il ne lui a jamais enlevé, non. pas le souvenir, mais la présence réelle et constante du pays natal, et son 'influence fortifiante : de ce double courant, il est résulté un écrivain d'une saveur piquante, ayant sa manière de v^oir et de sentir... Jamais d'emphase : il a trop de malice pour cela, mais souvent une émotion discrète. »
Il débuta dans les petits journaux des dernières années ■de l'Empire, puis écrivit au Nain jaune, à Y Evénement, à la Tribune. Plus tard, il donna à la République française d^s chroniques réunies sous le titre de Paris ingénu, et il écrivit dans tous les journaux qui faisaient place à la ^littérature.
Il a raconté d'une façon charmante comment, ayant à peine un peu plus de vingi; ans, il avait voulu avoir son journal hebdomadaire à lui, « pour renverser le rég-îme impérial ». Mais il fallait trois cents francs pour cela! Il s'adressa à un monsieur « d'aspect à la fois canaille •et vénérable », qui, en échange d'un engagement pour une somme bien supérieure, lai promit son concours. Mais ce ne fut pas de l'argent qu'il apporta : il offrit un vieux bateau à charbon, en déclarant qu'on le vendrait facilement à un bon prix.
En attendant cette vente, Paul Arène et ses amis ve-