‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 96 sur 185 · PAUL ARENE · texte numérisé non relu

PAUL ARENE

Xe conteur délicieux de Jean fies Figues, à'' Au bon Soleil, de la Chèvre d'Or fut aussi un chroniqueur spirituel, donnant une note qui était bien à lui, dans une forme d'une parfaite pureté. Ce Provençal, venu à Paris comme maître d'études et se jetant bientôt dans les hasards de la vie littéraire, où il devait briller, eut toutes les grâces attiques.

« Paris, a dit Charles Monselet, son collaborateur pour l'Ilote, un acte donné à la Comédie-Française, a raffiné Paul Arène, au point d'en faire un de ses plus miracu- ^eux boulevardiers, dans le sens honnête du mot; mais il ne lui a jamais enlevé, non. pas le souvenir, mais la présence réelle et constante du pays natal, et son 'influence fortifiante : de ce double courant, il est résulté un écrivain d'une saveur piquante, ayant sa manière de v^oir et de sentir... Jamais d'emphase : il a trop de malice pour cela, mais souvent une émotion discrète. »

Il débuta dans les petits journaux des dernières années ■de l'Empire, puis écrivit au Nain jaune, à Y Evénement, à la Tribune. Plus tard, il donna à la République française d^s chroniques réunies sous le titre de Paris ingénu, et il écrivit dans tous les journaux qui faisaient place à la ^littérature.

Il a raconté d'une façon charmante comment, ayant à peine un peu plus de vingi; ans, il avait voulu avoir son journal hebdomadaire à lui, « pour renverser le rég-îme impérial ». Mais il fallait trois cents francs pour cela! Il s'adressa à un monsieur « d'aspect à la fois canaille •et vénérable », qui, en échange d'un engagement pour une somme bien supérieure, lai promit son concours. Mais ce ne fut pas de l'argent qu'il apporta : il offrit un vieux bateau à charbon, en déclarant qu'on le vendrait facilement à un bon prix.

En attendant cette vente, Paul Arène et ses amis ve-

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