‹ Anthologie du XVI siecle francaisChapitre 53 sur 74 · PHILIPPE DESPORTES · texte numérisé non relu

PHILIPPE DESPORTES

^ LXI. — Villanelle/

Rosette, pour un peu d'absence,

Votre cœur vous avez changé,

Et moi, sachant votre inconstance,

Le mien autre part j'ai rangé ;

Jamais plus beauté si légère^

Sur moi tant o^pouvoir n'aura

Nous verrons/ vôfage bergère,

Qui premier s'en repentira. A *c£^rï£i

Tandis qu'en pleurs je me consume, Maudissant cet éloignement,

Vous, qui n'aimez que par coutume, Caressiez un nouvel amant.

Jamais légère girouette-*-^ Au vent si tôt ne se vifaf^' Nous verrons, bergère Rosette, Qui premier s'en repentira.

Où sont tant de promesses saintes, Tant de pleurs-^ëfœs en partant ?

Est-il vrai que ces tristes plaintes Sortissent d'un cœur inconstant ?

Dieux ! que vous êtes mensongère I Maudit soit qui plus vous croira !

Nous verrons, volage bergère, Qui premier s'en repentira.

Celui qui a gagné ma place

Ne vous peut aimer tant que moi ;

Et celle que j'aime vous passe

De beauté, d'amour et de foi.

Gardez bien votre amitié neuve,

La mienne plus ne variera,

Et puis nous verrons à l'épreuve

Qui premier s'en repentira.

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