‹ Anthologie du XVI siecle francaisChapitre 62 sur 74 · MONTAIGNE · texte numérisé non relu

MONTAIGNE

constances doivent être remarquées avec soin, religion et révérence, n'a pas refusé la recommandation corporelle, « speciosus forma prœ filiis hominum. »

Et Platon, avec la tempérance et la fortitude, désire la beauté aux conservateurs de sa république.

C'est un grand dépit qu'on s'adresse à vous parmy vos gens pour vous demander : Où est monsieur ? et que vous n'ayez que le reste de la bonnetade qu'on fait à votre barbier ou à votre secrétaire. Comme il advint au pauvre Philopœmen. Etant arrivé le premier de sa troupe en un logis où on l'attendoit, son hôtesse, qui ne le connoissoit pas, et le voyoit d'assez mauvaise mine, l'employa d'aller un peu aider à ses femmes à puiser de l'eau ou attiser du feu, pour le service de Philopœmen. Les gentils-hommes de sa suite étans arrivés et l'ayant surpris embesogné à cette belle vacation (car il n'avoit pas failli d'obéir au commandement qu'on luy avoit fait), lui demandèrent ce qu'il faisoit-là : Je paie, leur répondit-il, la peine de ma laideur. Les autres beautés sont pour les femmes ; la beauté de la taille est la seule beauté des hommes. Où est la petitesse, ny la largeur et rondeur du front, ny la blancheur et douceur des yeux, ny la médiocre forme du nez, ny la petitesse de l'oreille et de la bouche, ny l'ordre et blancheur des dents, ny l'épesseur bien unie d'une barbe brune à écorce de châtaigne, ny le poil relevé, ny la juste rondeur de tête, ny la frécheur du teint, ny l'air du visage agréable, ny un corps sans senteur, ny la proportion légitime des membres, peuvent faire un bel homme.

J'ay au demeurant la taille forte et ramassée ; le visage, non pas gras, mais plein ; la complexion, entre le jovial et le mélancholique, moyennement sanguine et chaude, la santé forte et allègre, jusques bien avant en mon âge rarement troublée par les maladies. J'étois tel, car je ne me considère pas à cette heure que je suis engagé dans les avenuës de la vieillesse, ayant pièça franchy les quarante ans. Ce que je seray doresenavant, ce ne sera plus qu'un

demy être, ce ne sera plus moy. Je m'échappe tous les jours et me desrobe à moy.

[Maladresse.]

D'adresse et de disposition, je n'en ay point eu ; et si suis fils d'un père très dispost et d'une allégresse qui luy dura jusques à son extrême vieillesse. Il ne trouva guère homme de sa condition qui s'égalât à luy en tout exercice de corps : comme je n'en ay trouvé gui ère aucun qui ne me surmontât, sauf au courir (en quoy j'étoy des médiocres). De la musique, ny pour la voix que j'y ay tresinepte, ny pour les instrumens, on ne m'y a jamais su rien apprendre. A la danse, à la paume, à la lutte, je n'y ay pu acquérir qu'une bien fort légère et vulgaire suffisance ; à nager, à escrimer, à voltiger et à sauter, nulle du tout. Les mains, je les ay si gourdes que je ne say pas écrire seulement pour moy : de façon que, ce que j'ay barbouillé, j'aime mieux *le refaire que de me donner la peine de le démêler ; et ne ly guère mieux. Je me sens poiser aux écoutans. Autrement, bon clerc. Je ne say pas clore à droit une lettre, ny ne sus jamais tailler plume, ny trancher à table, qui vaille, ny équiper un cheval de son harnois, ny porter à point un oiseau et le lâcher, ny parler aux chiens, aux oiseaux, aux chevaux.

[Endurance.]

Mes conditions corporelles sont en somme très bien accordantes à celles de l'ame. Il n'y a rien d'allègre : il y a seulement une vigueur pleine et ferme. Je dure bien à la peine ; mais j'y dure, si je m'y porte moy-même, et autant que mon désir m'y conduit. Autrement, si je n'y suis alléché par quelque plaisir, et si j'ay autre guide que ma

pure et libre volonté, je n'y vaux rien. Car j'en suis là que, sauf la santé et la vie, il n'est chose pourquoy je veuille ronger mes ongles, et que je veuille acheter au pris du tourment d'esprit et de la contrainte, extrêmement oisif, extrêmement libre, et par nature et par art. Je prêteroy aussi volontiers mon sang que mon soin.

[Nonchalance.]

J'ay une ame toute sienne, accoutumée à se conduire à sa mode. N'ayant eu jusques à cett' heure ny commandant ny maître forcé, j'ay marché aussi avant et le pas qu'il m'a plu. Cela m'a amolli et rendu inutile au service d'autruy, et ne m'a fait bon qu'à moy. Et pour moy, il n'a été besoin de forcer ce naturel poisant, paresseux et faynéant. Car, m'étant trouvé en tel degré de fortune dès ma naissance, que j'ay eu occasion de m'y arrêter, et en tel degré de sens que j'ay senti en avoir occasion, je n'ay rien cherché et n'ay aussi rien pris. Je n'ay eu besoin que de la suffisance de me contenter, qui est pour tant un règlement d'âme, à le bien prendre, également difficile en toute sorte de condition, et que par usage nous voyons se trouver plus facilement encores en la nécessité qu'en l'abondance ; d'autant à l'advanture que, selon le cours de nos autres passions, la faim des richesses est plus aiguisée par leur usage que par leur disette, et la vertu de la modération plus rare que celle de la patience. Et n'ay eu besoin que de jouir doucement des biens que Dieu par sa libéralité m'avoit mis entre mains. Je n'ay goûté aucune sorte de travail ennuieux. Je n'ay eu guère en maniement que mes affaires ; ou, si j'en ay eu, ce a été en condition de les manier à mon heure et à ma façon, commis par gents qui s'en fioient à moi et qui ne me pressoient pas et me connoissoient. Car encores tirent les experts quelque service d'un cheval rétif et poussif.

Mon enfance même a été conduite d'une façon molle et libre, et exempte de subjection rigoureuse. Tout cela m'a formé une complexion délicate et incapable de sollicitude. Jusques là que j'aime qu'on me cache mes pertes et les désordres qui me touchent : au chapitre de mes mises, je loge ce que ma nonchalance me coûte à nourrir et entretenir. J'aime à ne savoir pas le conte de ce que j'ay, pour sentir moins exactement ma perte. Je prie ceux qui vivent avec moy, où l'affection leur manque et les bons effets, de me piper et payer de bonnes apparences. A faute d'avoir assez de fermeté pour souffrir l'importunité des accidents contraires ausquels nous sommes subjets, et pour ne me pouvoir tenir tendu à régler et ordonner les affaires, je nourris autant que je puis en moy cett' opinion, m'abandonnant du tout à la fortune, de prendre toutes choses au pis ; et, ce pis là, me résoudre à le porter doucement et patiemment. C'est à cela seul que je travaille, et le but auquel j'achemine tous mes discours.

A un danger, je ne songe pas tant comment j'en échapper ay, que combien peu il importe que j'en échappe. Quand j'y demeurerois, que seroit-ce ? Ne pouvant régler les événements, je me règle moy-même, et m'applique à eux, s'ils ne s'appliquent à moy. Je n'ay guière d'art pour savoir gauchir la fortune et luy échapper ou la forcer, et pour dresser et conduire par prudence les choses à mon point. J'ay encore moins de tolérance pour supporter le soin âpre et pénible qu'il faut à cela. Et la plus pénible assiette pour moy, c'est être suspens es choses qui pressent et agité entre la crainte et l'espérance. Le délibérer, voire es choses plus légères, m'importune ; et sens mon esprit plus empêché à souffrir le branle et les secousses diverses du doute et de la consultation, qu'à se rassoir et résoudre à quelque party que ce soit, après que la chance est livrée. Peu de passions m'ont troublé le sommeil ; mais, des délibérations, la moindre me le trouble. Tout ainsi que des chemins, j'en évite volontiers les côtés pen-

dans et glissans, et me jette dans le battu le plus boueux et enfondrant, d'où je ne puisse aller plus bas, et y cherche surté ; aussy j'aeme les malheurs tous purs, qui ne m'exercent et tracassent plus après l'incertitude de leur rabillage, et qui, du premier saut, me poussent droitement en la souffrance. Aux évènemens je me porte virilement; en la conduicte puérilement. L'horreur de la chûte me donne plus de fièvre que le coup. Le jeu ne vaut pas la chandelle. L'avaritieux a plus mauvais conte de sa passion que n'a le pauvre. Et y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu'à la plaider. La plus basse marche est la plus ferme. C'est le siège de la constance. Vous n'y avez besoin que de vous. Elle se fonde là, et appuyé toute en soy.

[Absence d'ambition.]

Quant à l'ambition, qui est voisine de la présumption, ou fille plutôt, il eût fallu, pour m' avancer, que la fortune me fût venu quérir par le poing. Car, de me mettre en peine pour un' espérance incertaine et me soumettre à toutes les difficultés qui accompagnent ceux qui cherchent à se pousser en crédit sur le commencement de leur progrès, je ne l'eusse su faire.

Je m'attache à ce que je voy et que je tiens, et ne m'éloigne guière du port. Et puis on arrive peu à ces avancements, qu'en hazardant premièrement le sien, et je suis d'avis que, si ce qu'on a suffit à maintenir la condition en laquelle on est né et dressé, c'est folie d'en lâcher la prise sur l'incertitude de l'augmenter. Celuy à qui la fortune refuse dequoy planter son pied et établir un être tranquille et reposé, il est pardonnable s'il jette au hazard ce qu'il a, puis qu'ainsi comme ainsi la nécessité l'envoyé à la quête.

J'ay bien trouvé le chemin plus court et plus aisé, avec le conseil de mes bons amis du temps passé, de me dé-

faire de ce désir et de me tenir coy, jugeant aussi bien sainement de mes forces qu'elles n'étoient pas capables de grandes choses.

Les qualités mêmes qui sont en moy non reprochables, je les trouvois inutiles en ce siècle. La facilité de mes meurs, on l'eût nommée lâcheté et foiblesse ; la foy et la conscience s'y fûssent trouvées scrupuleuses et superstitieuses ; la franchise et la liberté, importune, inconsidérée et téméraire. A quelque chose sert le mal' heur. Il fait bon naître en un siècle fort dépravé : car, par comparaison d'autruy, vous êtes estimé vertueux à bon marché. Qui n'est que parricide en nos jours, et sacrilège, il est homme de bien et d'honneur.

[Amour de l'indépendance.]

Or, de moy, j'aime mieux être importun et indiscret que flateur et dissimulé.

J'avoue qu'il se peut mêler quelque pointe de fierté et d'opiniâtreté, à se tenir ainsi entier et découvert sans considération d'autruy ; et me semble que je deviens un peu plus libre où il le faudroit moins être, et que je m'échaufe par l'opposition du respect. Il peut être aussi que je me laisse aller après ma nature, à faute d'art. Présentant aux grands cette même licence de langue et de contenance que j'apporte de ma maison, je sens combien elle décline vers l'indiscrétion et incivilité. Mais, outre ce que je suis ainsi fait, je n'ay pas l'esprit assez souple pour gauchir à une prompte demande et pour en échaper par quelque détour, ny pour feindre une vérité, ny assez de mémoire pour la retenir ainsi feinte, ny certes assez d'assurance pour la maintenir ; et fais le brave par foiblesse. Parquoy je m'abandonne à la naïveté et à toujours dire ce que je pense, et par complexion, et par discours, laissant à la fortune d'en conduire l'événement.

Aristippus disoit le principal fruit qu'il eut tiré de la philosophie, être qu'il parloit librement et ouvertement à chacun.

[Défaut de mémoire^]

C'est un outil de merveilleux service que la mémoire, et sans lequel le jugement fait bien à peine son office : elle me manque du tout. Ce qu'on me veut proposer, il faut que ce soit à parcelles. Car de répondre à un propos où il y eut plusieurs divers chefs, il n'est pas en ma puissance. Je ne saurois recevoir une charge sans tablettes. Et, quand f ay un propos de conséquence à tenir, s'il est de longue haleine, je suis réduit à cette vile et misérable nécessité d'apprendre par cœur mot à mot ce que j'ay à dire ; autrement je n'auroy ny façon ny assurance, étant en crainte que ma mémoire vint à me faire un mauvais tour. Mais ce moïen m'est non moins difficile. Pour apprendre trois vers, il me faut trois heures ; et puis, en un mien ouvrage, la liberté et authorité de remuer l'ordre, de changer un mot, variant sans cesse la matière, la rend plus malaisée à concevoir.

Ma librerie, qui est des belles entre les libreries de village, est assise à un coin de ma maison : s'il me tombe en fantasie chose que j'y veuille aller chercher ou écrire, de peur qu'elle ne m'échappe en traversant seulement ma cour, Û faut que je la donne en garde à quelqu' autre. Si je m'enhardis, en parlant, à me détourner tant soit peu de mon fil, je ne faux jamais de le perdre : qui fait que je me tiens, en mes discours, contraint, sec et resserré. Les gens qui me servent, il faut que je les appelle par le nom de leurs charges ou de leur pays, car il m'est trèsmalaisé de retenir des noms. Je diray bien qu'il a trois syllabes, que le son en est rude, qu'il commence ou termine par telle lettre. Et, si je durois à vivre long temps, je ne croy pas que je n'oubliasse mon nom propre, comme

ont fait d'autres. Messala Corvinus fut deux ans n'ayant trace aucune de mémoire ; ce qu'on dit aussi de George Trapezonce ; et, pour mon intérêt, je rumine souvent quelle vie c'étoit que la leur, et si sans cette pièce il me restera assez pour me soutenir avec quelque aisance ; et, y regardant de près, je crains que ce défaut, s'il est parfait, perde toutes les fonctions de l'ame.

Il m'est advenu plus d'une fois d'oublier le mot du guet que j'avois trois heures auparavant donné ou reçu d'un autre, et d'oublier où j'avoy caché ma bourse, quoy qu'en die Cicero. Je m'aide à perdre ce que je serre particulièrement. C'est le réceptacle et l'étuy de la science que la mémoire : l'ayant si défaillante, je n'ay pas fort à me plaindre, si je ne say guière. Je say en général le nom des arts et ce dequoy elles traitent, mais rien au delà. Je feuillette les livres, je ne les étudie pas : ce qui m'en demeure, c'est chose que je ne reconnois plus être d'autruy ; c'est cela seulement dequoy mon jugement a fait son profit, les discours et les imaginations dequoy il s'est imbu : l'auteur, le lieu, les mots et autres circonstances, je les oublie incontinent.

Et suis si excellent en l'oubliance que mes écrits mêmes et compositions, je ne les oublie pas moins que le reste. On m'allègue tous les coups à moy-même sans que je le sente. Qui voudroit savoir d'où sont les vers et exemples que j'ay icy entassés, me mettroit en peine de le luy dire ; et si ne les ay mendiés qu'es portes connues et fameuses, ne me contentant pas qu'ils fussent riches, s'ils ne venoient encore de main riche et honorable : l'authorité y concourt quant et la raison.

[Lenteur d'esprit.]

Outre le défaut de la mémoire, j'en ay d'autres qui aydent beaucoup à mon ignorance. J'ay l'esprit tardif et

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mousse ; le moindre nuage luy arrête sa pointe, en façon que (pour exemple) je ne luy proposay jamais énigme si aisé qu'il sut développer. Il n'est si vaine subtilité qui ne m'empêche. Aux jeux, où l'esprit a sa part, des échecs, des cartes, des dames et autres, je n'y comprens que les plus grossiers traits. L'appréhension, je l'ay lente et embrouillée ; mais ce qu'elle tient une fois, elle le tient bien et l'embrasse bien universellement, étroitement et profondément, pour le temps qu'elle le tient. J'ay la vue longue, sainte et entière, mais qui se lasse aisément au travail et se charge ; à cette occasion, je ne puis avoir long commerce avec les livres que par le moyen du service d'autruy. Le jeune Pline instruira ceux qui ne l'ont essayé, combien ce retardement est important à ceux qui s'adonnent à cette occupation.

[Irrésolution.]

Je ne veux donc pas oublier encor cette cicatrice, bien mal propre à produire, en public : c'est l'irrésolution, défaut très-incommode à la négociation des affaires du inonde. Je ne say pas prendre party és entreprises douteuses.

Je say bien soutenir une opinion, mais non pas la choisir.

Par ce que es choses humaines, à quelque bande qu'on penche, il se présente force apparences qui nous y confirment (et le philosophe Chrysippus disoit qu'il ne vouloit apprendre de Zénon et Cleanthes, ses maîtres, que les dogmes simplement : car quant aux preuves et raisons, qu'il en fourniroit assez de luy même), de quelque côté que je me tourne, je me fournis toujours assez de cause et de vray-semblance pour m'y maintenir. Ainsi j'arrête chez moi le doute et la liberté de choisir, jusques à ce que l'occasion me presse. Et lors, à confesser la vérité, je jette

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le plus souvent la plume au vent, comme on dit, et m'abandonne à la mercy de la fortune : une bien légère inclination et circonstance m'emporte. L'incertitude de mon jugement est si également balancée en la plupart des occurrences que je compromettrois volontiers à la décision du sort et des dés ; et remarque avec grande considération de notre foiblesse humaine les exemples que l'histoire divine même nous a laissés de cet usage de remettre à la fortune et au hazard la détermination des élections és choses douteuses : « sors cecidit super Mathiam. » La raison humaine est un glaive double et dangereux. Et en la main même de Socrate, son plus intime et plus familier amy, voyez à quants de bouts c'est un bâton. Ainsi, je ne suis propre qu'à suivre, et me laisse aisément emporter à la foule : j e ne me fie pas assez en mes forces pour entreprendre de commander, ny guider ; je suis bien aise de trouver mes pas tracés par les autres. S'il faut ccurre le hazard d'un chois incertain, j'aime mieux que ce soit sous tel, qui s'assure plus de ses opinions et les épouse plus que je ne fay les miennes, ausquelles je trouve le fondement et le plant glissant. Et si, ne suis pas trop facile au change, d'autant que j'aperçois aux opinions contraires une pareille foiblesse.

[Jugement clair.]

On dit communément que le plus juste partage que nature nous ait fait de ses grâces, c'est celuy du sens : car il n'est aucun qui ne se contente de ce qu'elle luy en a distribué. N'est-ce pas raison ? Qui verroit au delà, il ver-roit au delà de sa vue. Je pense avoir les opinions bonnes et saines ; mais qui n'en croit autant des siennes ? L'une des meilleures preuves que j'en aye, c'est le peu d'estime que je fay de moy : car si elles n'eussent été bien assurées, elles se fussent aisément laissées piper à l'affection

que je me porte singulière, comme celuy qui la ramène quasi toute à moy, et qui ne répands guères hors de là. Tout ce que les autres en distribuent à une infinie multi-

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