‹ Anthologie franciscaine du moyen age [microform]Chapitre 18 sur 63 · I.'AtIT£UR DU. « SACRUM GOMMERGIUM })' 3l · texte numérisé non relu

I.'AtIT£UR DU. « SACRUM GOMMERGIUM })' 3l

quand on le flagellait. Le Dieu redoutable à tous était bafoué par tous, et vous étiez seule à lui tenir compagnie. Vous l'avez accompagné jusqu'à la mort, jusqu'à la mort de la croix, et tandis qu'il était étendu ^sur cette croix, dépouillé de ses vêtements, lea^ mains et les pieds percés de clous, vous avez si volontiers partagé l'atrocité de ses souffrances qu'il à pu placer en vous sa plus grande gloire. Mais .quand il est remonté . au Ciel, il vous a laissé le scieau du royaume dont les élus doivent porter l'empreinte, attestant' âiiisi que nul ne peut entrer dans ce bèn;pît royaume si ce n'est par votre entremise, après avoir été marqué de votre sceau. C'est pourquoi, ô Notre-Dame, ayez compassion de nous, soyeznous favorable, imprimez le sceau sur nos fronts I Qui donc serait assez insensé pour ne pas vous aimer dé tout son cœur, vous, l'élue du Très-Haut, réservée de toute éternité à la gloire suprême I Qui pourrait ne point vous révérer, ne point vous honorer, quand Celui qu'adorent toutes les vertus des cieux vous a comblée de tant d'honneur ! Qui ne baiserait volontiers les traces de vos pas, quand la majesté du Seigneur s'est inclinée si humblement devant vous pour Vivre familièrement en votre compagnie et vous être unie par le lien tout^puissant de l'amour f Nous vous «n supplionss donc, ô Notre-Dame, par ce même Seigneur et à cause de Lui, ne méprisez pas la prière que nous vous adressons et délivrez-nous des dangers à toute heure, ô Pauvreté glorieuse et bénie dans' l'éternité I

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Appendice Prière de saint François pour obtenir la grâce de la Pauvreté

Mon' doux Seigneur, miséricordieux Jésus, ayez pitié dé ", moi et de Madame-la Pauvreté, car l'amour que j'ai pour, elle est dans l'angoisse; et je ne puis goûter de repos . sans elle. Vous savez, Seigneur, si je l'aime ; or vbici qu'elle est assise tristement, repoussée de tous, semblable v= à une veuve. La souveraine de tous les peuples est tenue > ; pour vile et méprisable; la reine de toutes les vertus est ' assise sur le fumier et se plaint de ce que tous ses /amis H >; l'ont dédaignée et se sont rendus ses ennemis, de ce que" •' ceux-là mêmes qtii l'ont épousée violent depuis longtemps i la foi jurée. Souvenez-vous, Seigneur Jésus, que vous êtes ^^ descendu du séjour des anges ici-bas^pour faire de cette-; ; reine votre épouse et pour avoir d'elle, en elle et p^relle des fils qui fussent parfaits. Souvenez-vous dé la fidé^ lité de son attachement : Votre âme venait à peine de- r:, s'uiiir à votre corps dans le sein de la Vierge, et déjà ;• '. comiaençaient ses tendres soins. A votre naissance, elle "/ vous reçut dans l'étable et dans la crèche, et, vous àccom- .i, pagnant tout^le long* de la vie, elle vous priva si bien dé , toutes choses qu'elle prit soin que vous n'eussiez pas même où reposer la tête. Quand vous commençâtes la guerre de notre Rédemption, elle vint s'attacher à vous comme un. écuyer fidèle, elle se tint à vos côtés au plus fort du combat et ne se retira poiilt quand les disciples prenaient là . ' fuite ou reniaient votre nom. Enfin, tandis que votre mère^ qui du moins vous suivit jusqu'au bout et prit sa part de ; toutes vos douleurs, tandis qu'une telle mère, à cause dé. la hauteur de la croix, ne pouvait plus atteindre jusqu'à vous; en ce moment Madame la Pauvreté vous embrassa -i plus étroitement que' jamais et s'associa à votre crucifiement avec une âpre ardeur. Elle ne voulut point que votre : croix fût travaillée avec soin, ni que les clous fussent en

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nombre "sufflsant, aiguisés .et polis; mais elle n'en prépara que trois, elle les fit durs et grossiers pour mieux aggraver votre supplice. Et pendant que vous mouriez de soif, cette 'fidèle épouse eut soin qu'on vous refusât un peu d'eau, et, aidée- de satellites impies, elle vous prépara un breuvagesi amer que vous dûtes vous borner 'à en humecter vos 'lèvres. Ce fut donc dans les étroits embrassements de cette -épouse que vous expirâtes, et c'est elle encore qui vous rendit les derniers devoirs, veillant jalousement à ce que vous n'eussiez rien à vous, ni sépulcre, ni onguent,- ni même linceul, si bien qu'on dut tout emprunter. Elle se retrouva à votre résurrection, et, tandis qu'au milieu de ses embrassements vous repreniez glorieusement ~vie, elle" eut soin de vous faire laisser dans le sépulcre tout ce qui vous avait été prêté. Elle est montée au Giet'avec vous, et vous lui avez confié le sceau du royaume des Cieux, ^ont doivent être marqués les élus désireux de suivre le sentier de la, perfection. Oh ! qui donc n'aimerait pas Madame la Pauvreté par-dessus toutes choses I C'est pourquoi je vous demande en votre nom, ô très pauvre Jésus, à titre de privilège spécial et perpétuel, de nous donner, à moi et aux miens, la grâce .de ne rien posséder en propre sous le ciel et de n'avoir jamais, tant que nous serons en cette chair misérable, qu'un usage pauvre du bien d 'autrui.

THOMAS DE CELANO

(Première moitié du XIIP siècle)

Thomas de Celano est le plus ancien des historiens officiels de saint François et le seul historien de sainfe Claire. On luî-attribue en outre le Dies irae- et la prose ien""l'honneur de saint François : Sanctitatis nova signa, qui figure encore aujourd'hui au JVIissel des frères Mineurs. On Iui~ devrait enfin un Drame liturgique des stigmates de saint' François, cité jusqu'ici comme une simple prose, (i) et" dont le caractère n'est pourtant pas douteux, l'auteur sui-~^ Tant pour ainsi dire pas à pas le Drame liturgique de la- Résurrection, tel qu'on le jouait alors dans nombre d'églises."

Dans le Rational des Divins Offices, Guillaume Durand^ le grand liturgiste du xiii* siècle, rapporte en. effet qu'à l'Office de nuit de la fête de Pâques, quand on a chanté trois psaumes avec trois antiennes, « on part du chœur. et on « se dirige avec des cierges et en procession solennelle a vers un endroit où. l'on a apprêté la représentation du V « tombeau, et oîi l'on introduit des personnes sous là^forme u et l'habillement des saintes femmes et des deux disciples,

(1) Daniel : Thésaurus Hymnologicus (t. V, Lipsiae, 1856, p. 319,' n. 631), reproduit par le P. Edouard d'Àlencon : S.-Francisci Assisiensis vila et miracula, auclore fr. Thoma de Celano. (Rome, 1906, p. 449.)' .

;t|i%^Çjgôur' sJînftiriher^de; cie çiùi;J:(étàitîâmyé. Il^s'y trouve aiîssi;i3'- ;J|:<<Q:^ji?jÉ^^ rèpréseiiteiit,^:pour la fbrme;,;^^- ;

Jiij^r'lësfyétëmènts,^ anges qpi:am]Lbncèrent:que; lev^GhrisC^ -^ ^^j^^Ki/^tait: ^ressuscité d'entré . les morts, et dans ÎC. pei^miïe^ frr;i«{desqfueïs on -peut chanter cpnYeniablenient cette seconde ^f; ;;i;^(™jwiitte Nolife Jimere (Né craignez"^- ■

;^^(ç5^nenv:;é^^ fin. AJbrs ils reviennent au chœur^-^:

;:; (t;çonuhe, pour- raconter aux frères ce qu'ils ont vu et en-1 >; -^^ «?;'tendlul 11^^^^^^ un «jùi revient plus vite que l'autre, : ;^ ;4M;pwnDaè fît Jean, qui courut plus vite que Pierrel et ^P ^^^ëI^^!'^^?P^^^'^^^^ ■ ces deriaiers, oii cliante très coirvena- :ï«-^ibîement; ce répons : <!Jongrâfutomim,saiis verset... AÏors^/ ?;:v;«5^1é ;chœ]^^ la Résurrection: du Seigneur ^ ^:

;:ç;«^s'écriè:^;i^^^^^ : -Te Deum l<uida':;

^§ïijc:imm:y(i^^ /;'.:-, /"■■., ■'•'-■;':■'";■/•■":'-

ï;|]>7Sùr lès 224 t^ que nous ^ossédo^s de. l'Office rdrav;? lc|:maMque.^de; Pâques^ seulement proviennent -de i'ItsiiiéyÇ; '?C-c^fjqm^ donné unprix tout particulier à nôtre drame. Les> .. y^textës se; répartissent en trois groupes : dans ceux du pre^-;c ^^ givimér, :Ie dialogue ne se tient, qu'entre les saintes femmes .;. i&étpl/îmge ;'ou ; les: anges, devant ou dans, lé tombeau vide'; î:^ |5;:ie8;htçiteà duKsé^ groupe y ajoutent la course des apô-v; ■; |^<|fcpe8{i?ierré et: JèanaX^ enfin le troisième groiçfë;':

i^g(»mj)rend^!en: pl^^ du Christ à Marie-Madeléihe. ;

■ i-l^plùs i^^ t&te: du ^ second groupe paraît être celui ;; ^^id'tme 'ïiturgié:^.d^An^ on du

ïv^cômmëncément du xn^, dont le~: théine caractéristique est ir^iéiMi: traduit' p^^ a Puis deux prêtres

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