‹ Anthologie franciscaine du moyen age [microform]Chapitre 24 sur 63 · DE L'ENFANT JÉSUS · texte numérisé non relu

DE L'ENFANT JÉSUS

Proloque ,

Ali jugement d'hommes vénérables qui, dans l'Eglise de Dieu, ont été plus spécialement' éclairés' de la divine lumière et que la dévotion : céleste a enflammés plus abondamment, la pieuse contemplation du Verbe incamé' réjouit plus l'âme dévote que le miel et l'odeur des aromates, l'enivre davantage, la console et réconforte plus pleinement. Aussi, dans la mesure où je suis parvenu à me dérober au tumulte des pensées étrangères et à me recueillir silenôieusement en moi-même, je me suis appliqué à repasser en esprit l'Incarnation divine, et j'ai trouvé à ce faire une ^ telle consolation spirituelle que j'ai goûté la divine douceur comme on peut la goûter en cette vallée de larmes, c'est-à-dire en image. Si peu que je l'aie goûtée, j'ai mieux compris que jamais combien étaient vaines les fantômières consolations d'ici-bas, et au plus profond de mon être j'ai senti que l'âme dévote peut, par la grâce de l'Esprit saint, spirituellement concevoir par la vertu du Très-Haut le Verbe et Fils unique de Dieu le Père, le mettre au monde,lui donner un nom, le chercher et l'adorer avec les Mages bienheureux, enfin le/présenter- joyeusement au temple à Dieu son Père conformément à la Loi de Moïse. Ainsi, en vraie disciple de la religion du Christ, l'âme dévote peut célébrer eh toute révérence

Vj' ' - l' ~ " ~ SAINT BOKAV^NTimE - 1 " , 5l

£les- cinq fêtes que l'Eglise consacre à Jésus enfant.

"i G^ humblement conçues, je les ai consi-.

gnéés dans ces quelques pages sans m'attarder à citer

S lœ autorités -sur lescjùéUes je m^ ce qui

m'eût entraîné trop loin. Si, lisant ou méditant ce court et modeste traité, vous y trouvez quelque motif dé dévotion au très doux Jésus, ~voyez-en la source et le principe dans l'Âuteùr même de tout bien~

! et réportez sur Lui louange, gloire et bénédiction ;

s^i vous n'en trouvez pas, prenez- vous-en à l'insuffisance de l'écrivain, et peut-être à quelque défaut vdë dévotion et. d'humilité en vous.

Pbemiêre Festivité:

Comm(iht l'âme dévote peut concevoir spirituellement le Fils de Dieu, Jésus-Christ

. ■ <Juand l'esprit, lavé dans le bain de la contrition, et quand le cœur, embrasé du feu de l'amour, s'élè-

; vent vers Dieu, il convient tout d'abord de proposer laux chastes méditations et aux dévotes réflexions la manière dont Itâme pieuse peut concevoir spirituellement le benoît Fils de Dieu, Jésus-Ghrit.

j. Quand l'âme dévote, mue et stimulée soit par l'espoir de la récompense céleste, soit par la crainte

;; du supplice étemel, soit par le dégoût de son maintien prolongé dans cette vallée de larmes, s'ouvre à

:de hoùve inspirations, est enflanmiée de saintes

.affections, est ravie par les méditations célestes, elle ■n'oublie pas cependant ses vieux défauts et ses désirs

ne s'est d'abord purifiée de toutes les souillures du péché. Les âmes du purgatoire ont péché et elles ont eu la contrition de leurs fautes, mais elles ne s'en sont pas suffisamment corrigé ; elles ,ont satisfait, mais trop légèrement, se bornant pour ainsi dire à remplacer la douceur du miel par celle du lait. .

Si nous refusons d'accomplir le second labeur, le troisième s'impose à nous. C'est celui que vous choisissez; usuriers et simoniaqiies, bien qu'il soit incomparablement plus rude que le premier ou le second. C'est le feu de l'enfer et le ver rongeur de la conscience qui, d'après saint Grégoire, fait plus souffrir que le feu sensible. Même si vous brûliez en ce feu autant d'années qu'il y a de gouttes d'eau dans la mer, vous n'auriez pas effacé le moindre de yos péchés. Que d'âmes, pourtant, ont choisi ce labeur ! A vous, maintenant, mes frères, de choisir entre les trois 1 Sans doute vous aimeriez mieux n'avoir à vous charger d'aucun labeur, mais cela ne se peut. Avisez donc à faire votre choix I Ah I mes bien-aimés frères, ne tenez pas pour plaisanterie ce que je vous dis là!'

int Bonaventure domine de son nom toute la mystique îiscaine^ aussi de nombreux et importants apocrj'phes mt-ils réclamés de lui jusqu'à nos jours. Ses œuvres entiques ont fait l'objet d'une admirable édition cri- !, établie par les Franciscains de Quaracchi. (S. Bonaurœ opéra omnia, ii vol. gr. in-4^, i883-igo2.) Les les religieux ont réuni en un petit volume les Legendœ de vîta S. Francisci Seraphici (Quaracchi, 1898), dont remière était sous les yeux de -Dante quand il écrivit lant XI du Paradiso (i). Un autre recueil renferme les res mystiques du. docteur séraphique. (S. Bonaventnrœ n opusuula ad theologiam mysticam spectantia. Qùali, 1900.) On y trouvera l'original latin des deux textes irose traduits ici. La meilleure monographie sur saint Lventure est celle ^du P. Leonhard Lemmens : Der ge Bonaventura. (Munich, igog.)

V:. sur ce poin^ le beau livre de Ëdmund G. Gardner : Danle and 'ffslics ; Loodres, 1913, pp. 235 et suîv.

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