SALIMBENE
(Né le 9 Octobre 1221 — Mort après le 8 Septembre 1287)
Salimbene est un Franciscain de si peu stricte observance qu'il semble ne pouvoir être admis ici que par suite d'une de ces inconséquences dont il s'est d'ailleurs fort bien accommodé de son vivant. « Il est amusant, par exemple », dit de lui £. Jordan, a de comparer le gré inr « fini qu'il se sait de professer la pauvreté absolue, avec « l'idée tout à fait médiocre qu'il se fait de cette pauvreté. « Il la considère surtout comme im titre aux faveurs tem- (c porelles de la Providence et une créance sur la richesse « des autres ; elle consiste à ne rien posséder, mais à rece- « voir beaucoup ; et si le 'monde allait comme il le doit, « les frères mineurs vivraient convenablement et décema'ment, avec tout le nécessaire en abondance. Avec tous « les menus défauts dont il n'a garde de se corriger : a l'amour de ses aises, la gourmandise, la paresse, la 'cûrio- (c site, le goût des médisances et dès propos salés, il offre (( l'image d'ùh homme resté très attaché aux petites choses « de ce monde, ~ après avoir, par état, renoncé aux plus « grandes. » L'historien s'en réjouit assez volontiers, car Salimbene a promené ses yeux de bien des côtés, ses oreilles ont recueilli tous les échos du chemin et sa plume s'est montrée inlassable à tout transcrire, ce qui fait de sa Chronique un' docuinent d'un incomparable intérêt. Puis, si l'écrivain paraît ..très loin de nous par l'incrqyable faci-
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lité avec laquelle il accueille les histoires les plus invraisemblables, à d'autres égeirds il est presque un de- nos contemporains. Dans les^ milieux qu'il nous montre, comme; le remarque encore E. Jordan, a on pratiquait ces qualités « que l'Italie moderne a conservées, et qui atténuent chez a elle les conflits les plus fondamentaux : la faciÙté des « rapports privés, la répugnance à pousser les choses à ! «l'extrême, la faculté de se contenter du vague et du « provisoire, et d'user par l'ajournement les questions irri- « tantes, au lieu de s'acharner à en découvrir ou à en « imposer une solution (i). »
Pendant ' longtemps la Chronique de Salimbene n'a été connue que par l'édition assez incomplète publiée à Parme, en 1857. De' 1905 à igiS Holder-Egger en a donné le texte complet dans les Monumenta Germaniae Historica (Scriptôrum vol. XXXII). Malheureusement cette publication n'a pas été faite avec tout le soin désirable, et l'on attend avec impatience l'édition que prépare depuis de longues années .déjà A. Boselli pour la collection des Fonfi per la Storià- ^d'Italia. -