‹ Anthologie franciscaine du moyen age [microform]Chapitre 44 sur 63 · L'AMOUR DE CHARITÉ (D · texte numérisé non relu

L'AMOUR DE CHARITÉ (D

l'ame . • Amour de charité, Pourquoi m'as-tu ainsi blessé ?

J'ai le cœur fendu en morceaux Et brûlant d'amour.

Il brûle et s'incendie, il ne trouve aucun lieu (où

reposer), Il ne peut fuir, parce qu'il est lié ; Il se consume comme la cire au feu ; Tout en vivant il meurt, il languit tout en se fondant, Il demande de pouvoir fuir un peu -

Et se trouve enfermé dans la fournaise ; ,

Hélas ! où suis-je conduit

A si grandement m'affaiblir ?

Vivre ainsi, c'est mourir,"

Tant s'élève l'ardeur ! —

Avant que de l'éprouver, je demandais A aimer le Christ, croyant que c'était douceur ; En paix de douceur je pensais m' établir, Hors de toute peine posséder un haut refuge ; Je subis un tourment auquel je ne pensais point, Car mon cœur se fond par l'ardeur (qu'il supporte) ; Je ne peux indiquer d'image Que je voie à ma ressemblance, Car je meurs dans les délices Et je vis n'ayant plus mon cœur.

{!) Amor de caritale.

JACOPONE DE TODI l83

J'ai perdu mon cœur et tout jugement, Vouloir, plaisir, et tout sentiment ; Toute beauté me paraît ordure immonde ; Délices et richesses (me semblent) perdition ; Un arbre d'amour chargé de mille fruits Est planté en mon cœur et me nourrit ;

Voilà le changement qu'il a fait

En moi sans retard,

Jetant tout dehors, ^

Volonté, jugement et vigueur.

Pour acheter l'amour, j'ai tout donné :

Le monde et moi-même, tout entier, en échange ; Si tout était à moi de ce qui est créé.

Je le donnerais pour l'amour sans aucune condition ; Et je me trouve comme trompé par l'amour, Car, ayant tout donné, je ne sais où je suis entraîné ; Par l'amour je suis détruit ; On me tient pour fou.

Mais, puisque je (me) suis vendu.

De moi je ne tiens pas compte.

La foule de mes amis d'autrefois

Croyait pouvoir me faire quitter ce chemin ;

Mais qui s'est donné ne peut se donner encore.

Ni le serf s'enfuir de la glèbe seigneuriale ;

La pierre pourrait plutôt s'amollir

Que l'amour qui me tient en sa baillie ;

Toute ma volonté

Est si enflammée d'amour.

l84 ANTHOLOGIE FRANCISCAINE

Unie, transformée :

Qui pourrait éloigner l'iamour ?

Ni le feu, ni le fer ne les peuvent détacher, (Car) on ne divise point choses si bien unies ; Ni la souffrance ni la mort ne peuvent atteindre A cette hauteur où mon âme est ravie ; ' En bas elle voit toutes choses s'agiter Et par-dessus toutes elle est élevée ;

O âme, comment t'es-tu élevée

Jusqu'à posséder un tel bien ?

Le Christ, de qui il te vient.

Baise-le tendrement !

Désormais je ne puis plus voir de créatures ; C'est vers le Créateur que crie tout mon esprit ; Ni ciel ni terre ne me donnent plaisir ; Quand je songe au Christ, tout (autre) amour me

donne la nausée ; Et combien la lumière du soleil me semble obscure Quand je vois cette face resplendissante !

Les chérubins, dont la science est si belle,

Les séraphins, dont l'amour est si fort,

N'existent plus

Pour qui voit le Seigneur.

Que nul donc désormais ne me reprenne plus Si un tel amour me fait aller comme un fou, Car il n'est pas de cœur si épris d'amour Qui puisse s'en défendre et qui puisse s'enfuir ;

JACOPONE DE TODI l85

Que chacun y pense : comment le cœur ne se fendraitil pas -

Et pourrait-il endurer une telle fournaise ?

Que ne puis- je trouver Ame qui me comprenne Et de moi ait pitié I Car mon cœur se consume. .

Car le ciel et la terre crient et proclament sans cesse,

Et toutes choses (disent) que je dois aimer.

Chacune crie de toutes ses forces : « Aime

« L'Amour qui a tenté de t'embrasser,

(( Car cet Amour, parce qu'il te désire ardemment,

« Nous a tous créés pour t'attirer à lui. »

Je vois surabonder

Bonté et courtoisie!

De cette lumière bienfaisante

Qui s'épand au dehors.

Je veux aimer davantage, si davantage se peut, Mais, en aimant davantage, j'ai déjà perdu mon cœur ; Donner plus que moi-même et mon vouloir Est impossible, et cela n'a certes point besoin de

preuve ; J'ai tout donné pour posséder Cet amant qui tant me renouvelle ;

bonté ancienne et (toujours) renouvelée

Depuis que je t'ai trouvée, - O lumière sans mesure.

De si douce splendeur !

l86 ANTHOLOGIE FRANCISCAINE

De voir une telle beauté, je suis tiré

Hors de moi, je ne sais où je suis porté ;

Mon cœur se fond comme cire molle.

Et l'image du Christ s'y trouve empreinte ; '

Jamais ne se trouva plus complet échange

Que de vêtir le Christ après s'être totalement dépouillé 1

Le cœur ainsi transformé

Crie l'amour dont il brûle ;

L'intelligence est submergée,

Tant elle sent de douceur. ^

L'intelligence est liée avec douceur ;

Elle se distend toute pour embrasser (l'Amour) ;

Et plus elle regarde la beauté

Du Christ, plus elle jette hors d'elle-même <

En ce Christ tout (son) pouvoir, toute (sa) richesse;

Elle ne peut garder de soi nulle mémoire ; Désormais, d'acquérir davantage Elle n'a ni vouloir ni souci ; ,

Elle n'a (d'ailleurs) plus rien à perdre En fait de sentiment personnel.

Transformée dans le Christ, elle est presque le Christ ; Unie avec Dieu, elle devient toute divine ; Au-dessus de toute noblesse est la grandeur de posséder Le Christ et dei régner sur tout son empire ; Comment donc mon âme pourrait-elle encore être

triste De ses fautes et en demander le remède ?

' JAGOPONE DE TODI 187

Il n'est plus de sentine (en moi) ; Là où l'on eût trouvé le péché, Le vieil homme est anéanti, ' Toute puanteur disparue.

Dans le Ghrist est née nouvelle créature .;

Le vieil homme dépouillé, l'homme s'est renouvelé ;

Mais, tant l'ïunour monte avec ardeur,

Mon cœur semble fendu au couteau ;

L'intelligence et le sentiment sont supprimés par une

telle ardeur ; Le Ghrist me tire (à lui) tout entier, tant il est beau !

A lui je me tiens embrassée,

Et par amour je m'écrie :

Amour, que tant je désire,

Fais-moi mourir d'amour 1

Par toi. Amour, je me consume et languis, Et je vais (t') appelant pour t'embrasser ; Quant tu me quittes, je meurs tout en vivant, Je soupire et je pleure pour te retrouver ; Quaiid tu reviens, mon cœur se détend.

Car en toi il peut se transformer tout entier ;

Aussi, ne tarde plus.

Amour, viens maintenant à mon secours.

Tiens-moi bien lié,

Consumé-moi le cœur !

Regarde, doux Amour, quelle est ma peine !

Je ne puis endurer une telle ardeur ;

l88 ANTHOLOGIE FRANCISCAINE

L'amour m'a saisi ; je ne sais oti j'en suis ;

Ce que je fais ou dis, je ne puis le comprendre j -

Gomme étourdi je vais par le chemin,

Souvent angoissé par un si fort languir ;

Je ne sais comment se peut

Souffrir un tel , tourment,

Car j'en ai perdu le sentiment,

Mon cœur étant desséché.

Mon cœur est desséché, je ne puis voir

Ce que je dois faire ni ce que souvent je fais.

Et qui me voit dit qu'il veut savoir

Si l'amour sans les actes peut te plaire, ô Christ !

S'il ne te plaît point, que puis-je valoir ?

Combien fortement mon esprit est attaché

Par l'Amour qui m'embrasse I

Il m'enlève le parler,

Le vouloir et l'agir ;

Je perds tout sentiment.

J'ai su parler ; maintenant je suis devenu muet.

Je voyais ; maintenant je suis devenu aveugle.

Si profond abîme ne se vit jamais :

En me taisant, je parle ; je fuis et suis lié ;

En m'abaissant, je monte ; je tiens et suis tenu ;

Je suis libre et prisonnier ; je chasse et suis chassé.

Amour sans mesure.

Pourquoi me rendre fou ?

Me faire mourir en fournaise

Par si brûlante ardeur ? -,

JACOPONE DE TODI 189

LE CHRIST

Ordonne cet amour, ô toi qui m'aimes !

Il n'est point de vertu en dehors de l'ordre. Puisque de me trouver tu as si grand désir Que ton ^esprit est renouvelé par la vertu Dans mon amour, je veux que tu aspires A une charité qui soit ordonnée ;

L'arbre est jugé

Par la parfaite convenance de ses fruits,

Laquelle démontre toujours

La valeur de toute chose.

Toutes les choses que j'ai créées

Sont' ainsi faites avec nombre et mesure.

Et sont toutes ordonnées à leur fin ;

C'est l'ordre qui leur fait conserver leur valeur.

Bien plus encore la charité

Est ainsi ordonnée par nature.

Comment donc, par trop d'ardeur,

O âme, es-tu devenue folle ?

Tu es sortie de l'ordre,

Ta ferveur n'a pas eu de frein.

l'ame

O Christ, tu m'as dérobé le cœur, Et tu dis à mon âme d'ordonner son amour !

Gomment, après m'être en toi si grandement transformé, Pourrais- je encore marchander avec toi ?

igO ANTHOLOGIE FBANCISCAINE

De même que le fer tout en feu Ou l'aurore illuminée par le soleil

Perdent leur forme

Et prennent autre figure,

Ainsi l'âme pure

Se revêt de toi, ô Amour !

Mais, dès qu'elle perd sa qualité propre.

Elle ne peut plus agir d'elle-même ;

C'est de sa forme qu'elle tient son pouvoir

Et qu'elle tire les actes et les fruits qu'elle peut pror

duire ; C'est pourquoi, si elle s'est transformée véritablement En toi seul, ô Christ, qu'il est si doux d'aimer,

A toi se peut imputer.

Non à moi, ce que je fais ;

Et donc, si je te déplais.

C'est toi-même qui te déplais, ô Amour !

Tu sais bien que, si je suis en démence.

C'est toi, ô souveraine Sagesse, qui en es cause;

Et cela remonte au moment où tu m'as blessé

Et oii j'ai fait avec l'Amour l'échange

Par lequel, en me dépouillant, de toi je fus revêtu

Et vers une vie nouvelle entraîné je ne sais comment ;

Totalement dépris de moi

Je suis maintenant, par un amour véhément ;

Les portes sont rompues,

Et je suis dans tes bras, ô Amour ! »

JACOPONE DE TODI igZ

A une telle fournaise pourquoi m'a voir mené,

Si tu voulais que la tempérance fût pratiquée par

moi ?

Quand tu te donnais à moi sans mesure, Tu ôtaîs de moi toute mesure ; -Puisque tu m'as créé si petit, Je n'ai point le pouvoir de contenir ton immensité ;

C'est pourquoi", s'il y a erreur,

C'est la tienne, Amour, non la mienne.

Puisque cette voie.

C'est toi qui Tas tracée, ô Amour !

Toi-même, tu n'as pas su te défendre de l'amour :

Du ciel en terre il t'a fait venir ;

O Amour, tu es descendu jusqu'à cette bassesse

D'aller par le monde comme un homme méprisé;

Tu n'as voulu ni maison ni terre.

Mais la pauvreté pour nous enrichir ;

Dans la vie comme dans la mort,

Tu n^as montré de .manière évidente -

Qiie l'amour sans mesure ^

Qui brûlait dans ton cœur.

Souvent, quand tu t'en allais par le monde, L'amour te menait comme un homme vendu ; En toutes choses, Amour, tu te montrais toujours. Conune ne te souvenant jamais de toi, Car, te tenant dans le temple, tu t'écriais : « Qu'il vienne boire, celui qui a souffert « De la soif d'amour qui le possédait,

192 ANTHOLOGIE FRANCISCAffiE

« Car il lui sera donné '

a Un amour sans mesure -

« Qui réconforte délicieusement I »

O Sagesse, tu ne pus te contenir, ^

Si bien que ton amour se répandit à flots;

De l'amour, non de la chair, tu es né,

O Amour fait homme pour nous sauver ;

Pour nous mieux embrasser tu es monté sur la croix,

Et je crois que tu ne parlas point

Et ne cherchas point à t'excuser, ô Amour,

Devant Pilate,

Afin de conclure sur la croix

Le marché de l'amour.

Ta sagesse, je le vois, se dissimulait ;

Seul l'amour se pouvait voir,

Et ta puissance ne se montrait plus,

Comme si cette vertu eût encouru ta disgrâce ;

Immense était cet amour qui se déversait ;

Nul autre que l'Amour ne pouvait avoir.

Dans ses actes et dans le vouloir.

Un amour toujours se liant

A la croix et embrassant

L'homme avec tant d'amour.

Or donc, ô Jésus, si je suis si énamouré.

Enivré par tant de douceur.

Pourquoi me reprends-tu si je vais comme un fou, si je perds toute raison en même temps que ma force, -

JACOPONE DE TODI . IQS

Alors que l'amour t'a si fortement lié

Que tu as paru quasi privé de toute ta grandeur !

Quelle force de contradiction

Pourrait jamais être en moi

De sorte que je ne veuille plus de la folie

De t'embrasser, ô Amour !

Car cet amour, qui me fait déraisonner,

Te paraît m'avoir enlevé toute sagesse,

Et le même amour, qui tant me fait languir,

T'a dépouillé pour moi de ta puissance ;

Je ne veux désormais ni ne peux souffrir (davantage) ;

Par l'amour je suis pris, point ne fais résistance ;

Prononce la sentence f Qui' me condamne à mourir d'amour,

(Car) je ne veux plus d'autre réconfort

Que de mourir, ô Amour !

Amour, Amour, qui tant m'as blessé,

Nul autre mot qu'Amour ne puis crier ;

Amour, Amour, à toi je suis uni.

Nul autre que toi ne puis embrasser ;

Amour, Amour, qui m'as ravi si fort.

Que mon coeur toujours se répand pour aimer ;

Pour toi je me veux pâmer,

Amour, pour être avec toi,

Amour, je t'en prie,

Fais-moi mourir d'amour !

Amour, Amour, Jésus, j'atteins au port, Amour^ Amour, Jésus, tu m' (y) as mené ;

igd ANTHOLOGIE FBANCISCAINE

Amour, Amour, Jésus, donne-mioi réconfort, Amour, Amiour, Jésus, que tu m'as enflammé !

Amour, Amour, Jésus, songe à ce que j'endure. Fais-moi rester. Amour, toujours dans tes bras,

Avec toi transformé

Dans "la vraie charité.

Dans la souveraine vérité

De l'amour transformé I

Amour, Amour, tout le monde t'appelle.

Amour, Amour, toute chose te proclame ;

Amour, Amour, telle est ta profondeur

Que te posséder te fait désirer plus ;

Amour, Amour, tu es le cercle parfait

Oii qui entre de tout cœur est sûr de toujours t'aimer ;

Tu es le fil et la trame, '

Et qui t'aime revêtir

Eprouve si doux sentir

Qu'il crie sans cesse : (( Amour ! »

Amour, Amour, tu me fais tant souffrir.

Amour, Amour, (que) je ne puis l'endurer ; Amour, Amour, tu t'es tellement donné à moi.

Amour, Amour, (que) j'ai bien cru en mourir ; Amour, Amour, (puisque) tu m'as si bien pris, Amour, Amour, fais-moi trépasser en toi ;

Amour, doux languir.

Amour, mon désir.

Amour, mes délices,

Que je sois noyé par toi dans l'amour 1

JAÇOPONE DE TODI I90

Amour, Amour, mon cœur se brise tellement,

Amour, Amour, j'en sens tellement la blessure ;

Amour, Amour, ta beauté m'attire,

Amour, Amour, c'est toi qui me ravis ;

Amour, Amour, vivre méprisé,

Amour, Amour, (mais) avoir l'âme unie à toi ;

Amour, tu es la vie de mon âme.

Désormais elle ne se peut séparer, (de toi) ;

Pourquoi la fais-tu languir

Et la comprimes-tu tant, ô Amour ?

Amour, Amour, Jésus désirable,

Amour, je veux mourir en t'embrassant ;

Amour, Amour, Jésus, mon doux époux.

Amour, Amour, c'est la mort que je te demande ;

Amour, Amour, Jésus, si délectable.

Fais-moi passer en toi, transforme-moi en toi ;

Pense que je suis haletant,

Amour, je ne sais où je suis ;

Jésus, mon espérance,

Abîme-moi dans l'amour !

'âCjai.jQt

(t Janvier 1309)

Le peu qu'on sait sur Angèle de Foligno tient tout entier dans un petit livre a nous montrant la vraie voie où nous pouvons suivre les traces de notre Rédempteur », comme .' le proclame le titre d'une vieille éditioii (i). L'ouvrage, dicté par la bienheureuse à un excellent franciscain qui avoue ingénuement ne l'avoir pas toujours comprise, est nécessairement assez inégal, mais des pages comme celles qu'on va lire a dépassent toute littérature, s'affirment « comme les plus belles qu'on ait écrites ». J'emprunte ce. jugement à Huysmans (En route, p. 109), à qui l'on doit encore un merveilleux portrait d' Angèle (même ouvrage, pp. 271-278) : « Son œuvre, y dit-il, est une série de liba- « tions spirituelles et de caresses; il semble qu'à côté d'elle « les volumes des autres mystiques charbonnent, tant lé « foyer de ce livre est vif. »

Les lecteurs français connaissent Angèle de Foligno par la traduction qu'en a donnée Ernest Hello. Dans tin avertissement écrit pour la quatrième édition de cet ouvrage, Georges Goyau n'hésite pas à dire que personne a ne « pourra rivaliser avec Hello dans l'exactitude selon l'es- « prit, qui essaie même de traduire les larmes ». L'enthousiasme de Huysmans devant le texte original de la sainte

(1) B, Angela de Fulginîo, ostendens nobis veram viam qua possuihiis sequi veslîgîa noslrî Redemploris. (Cologne, 1601.)

le. rendait à bon droit plus exigeant. Hello, écrit-il, « était « possédé par la manie d'élaguer, d'édulcorer, de cendrer « les mystiques. Il a mis sous pressoir une œuvre ardente, •^ « pleine de sève, et il n'en a extrait qu'un suc incolore a et froid, mal réchauffé, au bain-marie, sur la pauvre a veilleuse de son style ». (Préface d'A Rebours, p. xvi.) La présente traduction suit le texte de l'édition Boccolino : B. Angelœ Fulginatis vita et opuscule. (Foligno, 1714.)

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