‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 108 sur 191 · Les Tragifinex, éd. citée, t. IV, p. 2-lû · texte numérisé non relu

Les Tragifinex, éd. citée, t. IV, p. 2-lû

Sa mort ne put avoir de mort pour récompense,

L'enfer n'eut point de mort à punir cette offense ;

Mais autant que de jours il sentit de trépas,

Vif il ne vécut point, mort il ne mourut pas ;

Il fuit d'effroi transi, troublé, tremblant et blême;

Il fuit de tout le monde, il s'enfuit de soi-mêîne ;

Les lieux plus assurés lui étaient des hasards,

Les feuilles, les rameaux et les fleurs des poignards,

Les plumes de son lit des aiguilles piquantes

Ses habits plus aisés des tenailles serrantes...

De quelque autre Gain il craignait la fureur ;

Il fut sans compagnon, et non pas sans frayeur^

Il possédait le monde, et non une assurance ;

Il était seul partout, hormis sa conscience ;

Et fut marqué au front, afin qu'en s'enfuyant

Aucun n'osât tuer ses maux en le tuant.

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