‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 110 sur 191 · L'ENFER · texte numérisé non relu

L'ENFER

Point n'édaire aux enfers l'aube de l'espérance. Transis, désespérés, il n'y a plus de mort Qui soit pour votre mer des orages le port ; Que si vos yeux de feu jettent l'ardente vue A l'espoir du poignard, le poignard plus ne tue. Que la mort (direz-vous) était un doux plaisir ! La mort morte ne peut yqus tuer, vous saisir. Voulez-vous du poison, en vain cet artifice : Vous vous précipitez, en vain ce précipice : Courez au feu brûler, le feu vous gèlera : Noyez-vous, l'eau est feu, l'eau vous embrasera La peste n'aura plus de vous miséricorde : Étranglez-vous, en vain vous tordez une corde : Criez après l'enfer, de l'enfer il ne sort Que l'éternelle soif de l'impossible mort.

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