‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 118 sur 191 · ODET DE LA NOUE · texte numérisé non relu

ODET DE LA NOUE

Odet de La Noue, seigneur de Télîgny, fils aîné de François de La Noue, est né aux environs de 1560 et mort à Paris, en août 1618. Il servit dans les Pays-Bas et, grièvement blessé, fut fait prisonnier par les Espagnols le 21 décembre 1584. Sa captivité fut très dure: « J'ai mon recours, écrivait-il, à prier Dieu, et puis à l'étude, à quoi, depuis que je veux m'appliquer, je ne changerais pas mon contentement avec celui d'un roi. » Il ne recouvra la liberté qu'en 1591. Retourné auprès d'Henri IV, il prit une part active au siège de Paris, puis à la défense des intérêts des Églises réformées et enfin aux négociations qui précédèrent l'édit de Nantes. L'édit promulgué, il revint aux armées et se signala en Hollande. Après la mort d'Henri IV, il alla, en février 1611, au secours de Genève, menacée par le duc de Savoie. En 1617, il était envoyé, par la cour de France, dans les Pays-Bas en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Il cultiva la poésie, surtout pour charmer les ennuis de sa captivité. On lui doit un discours philosophique en vers, intitulé : Paradoxe que les adversités sont plus nécessaires ([ue les prospérités, et qu'entre toutes Vétat d'une étroite prison est le plus doux et le plus profitable (1588). Ce poème a été reproduit, avec 150 sonnets, dans un autre volume ;

Poésies chrétiennes (1394). Les vers d'Odet de La Noue ue sortent pas de l'ordinaire. Ils sont d'une véritable inspiration morale, mais d'une facture un peu lâchée. Sa prose est beaucoup moins traînante. Elle est parfois vive, ramassée, vigoureuse.

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