‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 136 sur 191 · LA VRAIE DÉFENSE DE L'EVANGILE · texte numérisé non relu

LA VRAIE DÉFENSE DE L'EVANGILE

... Or prendrai-je la meilleure partie de mes raisons des mouvements de notre nature et de la conscience, sans m'étendre dans ces longues disputes par lesquelles ont été suffisamment démontrés, par arguments pris d'ailleurs et par témoignages des anciens, les incomparables avantages de la religion chrétienne par-dessus toutes les autres. Car, comme les excellents personnages qui l'ont entrepris l'ont mieux fait que je ne pourrai, aussi véritablement ne crois-je pas qu'envers ceux qui ont quelque goût de piété, il y ait de meilleures raisons que celles qui se puisent de ces mouvements, ou qu'envers ceux qui n'en ont point du tout, une autre manière de disputer puisse avoir beaucoup d'efficace.

... Sans contredit, la meilleure connaissance qu'on pourrait avoir de la nature d'un médicament serait le bon, prompt et certain soulagement qu'on en aurait reçu en son mal. Après cette expérience qu'il nous aurait relevés d'une maladie désespérée ou guéris d'un ulcère tellement incurable, à peine serait-il besoin de s'enquérir plus avant de ses qualités, si ce n'est pour avoir occasion de l'en admirer davantage. Semblable-

1. Traité des religions contre ceux qui les estiment indifférentes, (1631), p. 6 (préface) et p. 205. ^

ment, la meilleure connaissance qu'on saurait avoir de la révélation de la vérité céleste en ce point, serait par l'épreuve de la consolation qu'elle apporte aux âmes des hommes, et par son efficace à les repurger de cette corruption de péché de laquelle, si nous ne nous en plaignons, nous sommes plus que ladres et insensibles... Ceux qui connaissent la vérité par cette marque n'ont presque à faire d'aucunes autres.

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