‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 137 sur 191 · LA VOIX DE DIEU DANS LA BIBLE · texte numérisé non relu

LA VOIX DE DIEU DANS LA BIBLE

... J'oserai bien vous dire cela hardiment, qu'il n'y a jamais eu ni voix des cieux, ni visions quelles qu'elles puissent être, qui aient porté de plus certains ni de plus indubitables caractères de leur divinité que ce Vieux et Nouveau Testament, qui vous attestent que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Car, si vous les considérez bien attentivement, vous y trouverez que la voix de Dieu y parle si hautement et si intelligiblement, que la splendeur de sa gloire y est si magnifique et si luisante, que les doctrines lesquelles y sont contenues sont si sublimes et si célestes, que les vérités qui nous y sont enseignées sont si certaines et si évidentes, que l'efficace qui les accompagne est si puissante, que rillumination que vous en recevez en l'entendement est si claire, que la consolation que vous en sentez en vos consciences est si vive, que le renouvellement et la sanctification que

1. Srrmons sur divers textes de la Sainte Écriture, 2* éd., 1653, pp. 412 et suiv.

vous en expérimeutez en vos affections est si sensible, que l'espérance qu'ils engendrent dans vos cœurs vous élève si haut dans le ciel, que la patience et la constance qu'ils produisent en vous est si invincible à toutes tentations, enfin qu'ils vous donnent un si merveilleux courage contre les appréhensions de la mort, qu'il faut nécessairement que ce soit Dieu qui en ait donné les inspirations à ses serviteurs et qui produise tous ces admirables effets en vos consciences. Ni les inventions des homrpes, ni les illusions des anges, qui qu'ils soient, ne peuvent avoir un génie si divin, ni une vertu si émerveillable. Et qui a senti l'efficace de cette divine parole, qui en a goûté et savouré la bonté, qui en a reconnu les merveilles, qui en a aperçu l'excellence, qui en a sondé les secrets, qui en a expérimenté les consolations, n'a point à faire ni des oracles des cieux, ni des visions des esprits, ni des apparitions même de Jésus-Christ, pour être persuadé qu'il est son Dieu et son Sauveur ; et qui ne croit point à celte Parole de Dieu ne croirait point aux morts quand ils ressusciteraient, ni aux visions célestes. C'est cette divine Parole qui engrave la croix et la résurrection du Seigneur Jésus dans le cœur ; et qui en a le saint portrait profondément empreint là dedans n'a point besoin qu'il descende des cieux devant ses yeux pour se faire reconnaître. C'est cette divine Parole qui résonne continuellement en nos esprits ; et qui l'entend résonner là dedans n'a point besoin que le Père céleste lui fasse autrement ouïr ses oracles. C'est cette divine Parole qui nous fait sentir la vertu du Saint-Esprit; et qui a le Saint-Esprit en sa conscience n'a point besoin de le voir descendre des cieux. ni en forme de langues de feu, ni en figure de colombe. Il est assez persuadé par l'expérience qu'il

en l'ait que c'est le Seigneur Jésus qui l'a envoyé du ciel pour tendre dans son cœur la gloire de son tabernacle. Partant, frères bien-aimés, puisque cette divine Parole vous atteste si hautement que Jésus est le Fils de Dieu et le Messie que lesprophètcs avaient promis, demeurez-en aussi profondément et persévéramment persuadés que s'il vous avait été certifié par tous les oracles descieux et par toutes les visions les plus miraculeuses.

Page 1