‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 157 sur 191 · SUR LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

SUR LA JEUNESSE

Jeunesse, ne suis point ton caprice volage ; Au plus beau de tes jours, souviens-toi de ta fin. Peut-être verras-tu ton soir dans ton matin, Et l'hiver de ta vie au printemps de ton âge.

La plus verte saison est sujette à l'orage; De la certaine mort le temps est incertain ; Et de la fleur des champs le fragile destin Exprime de ton sort la véritable image.

Mais veux-tu dans le ciel refleurir pour toujours? Ne garde point à Dieu l'hiver qui des vieux jours Tient sous ses dures lois la faiblesse asservie.

Consacre-lui les fleurs de ton jeune printemps, L'élite de tes jours, la force de ta vie, Puisiju'il est et l'arbitre et l'auteur de tes ans.

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